L’ORPHELINAT

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L’ORPHELINAT
(El Orfanato)

de Juan Antonio Bayona (2007)

avec Belen Rueda, Fernando Cayo, Géraldine Chaplin, Montserrat Carulla, Mabel Rivera, Andrés Gertrudix, Roger Príncep, Alejandro Campos, Georgina Avellaneda, Oscar Guillermo Garretón, Carla Gordillo Alicia, Edgar Vivar, Oscar Casas, Mireia Renau.

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Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d’autres enfants qu’elle aimait comme ses frères et soeurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l’intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l’imagination de Simon, qui commence à se livrer à d’étranges jeux avec « ses amis »… Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l’univers de Simon, convaincue qu’un mystère longtemps refoulé est tapi dans l’orphelinat…

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L’Orphelinat est avant tout un film classique qui fait énormément référence à tout un pan de l’histoire fantastique avec maison hantée et style gothique. On ne peut s’empêcher de penser à des films comme La Résidence ou encore Next of Kind tant l’esthétisme du film en est assez proche. Mais pourtant L’Orphelinat n’est pas une traditionnelle histoire de fantôme vengeur car ici ses fantômes ne viennent pas provoquer la terreur (malgré la présence de quelques scènes assez stressante) mais cherchent plutôt à retrouver une forme de plénitude et d’amour perdu avec le temps. Bien loin des clichés, le film est un doux mélange entre conte et nostalgie, où l’amour prend une place importante et justifie certains actes, un film dont le cœur et l’âme sont l’enfance et le deuil.

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Juan Antonio Bayona, dont c’est ici le premier, film connaît parfaitement ses classiques et un peu à l’image de ce qu’avait réussi Amenabar avec son magnifique Les Autres, rend un hommage vibrant au cinéma d’épouvante des années 70/80. Il parvient un créer une véritable ambiance où dans l’immense demeure semblent vivre certains esprits dont l’identité n’est connu que par le fils adoptif de l’héroïne.

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Un film parfaitement maîtrisé, possédant une magnifique photographie rendant chaque lieu inquiétant, accentuant la splendeur de cette bâtisse et les magnifiques décors extérieurs qui l’entoure.
Ici le réalisateur ne sombre presque jamais dans la facilité (bien que l’on a droit à certains poncifs du genre comme les grincements de parquets, les portes qui claques ou l’orage qui gronde au loin) et nous offre une histoire tout en retenue et en finesse comme pour mieux préserver l’atmosphère étrange et inquiétant que diffuse la maison sur ses occupants.

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Mais L’Orphelinat est avant tout l’histoire d’une mère et de son amour pour son fils, dont le passé revient hanter son esprit quand la nuit arrive. Un passé dont le lien avec le présent est la maison et ses occupants n’ayant toujours pas quitter les lieux malgré leur mort. Ces occupants, tous des enfants, qui communiques avec le garçon présent par le biais de jeu semblant anodin au premier abord mais qui en réalité sont de véritables pièges tant physiques que psychologiques.
Ces enfants que la maladie et la mort ont emporté dans de terribles souffrances et qui par la présence du nouvel occupant, très semblable à eux sur des bien des points, leur offrir un dernier espoir inespéré et qui pourrait enfin combler leur cœur vide et affamé d’un amour que leur état d’orphelin n’a jamais pu leur procurer.

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Sans trop révéler de l’intrigue, simple au premier regard, mais bien plus complexe et cruelle au final, le film se compose de deux parties, deux tableaux serais-je tenté de dire, où l’amour maternel est l’élément central, mais un amour absolu, par de là la mort et la frayeur où chaque émotion, chaque sensation prend une aura particulière quand arrive la dernière scène, d’une fulgurante beauté et d’une tendresse morbide rarement montrée sur grand écran.

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Cette mère qui sous le poids de son passé et celui des craintes futures, sombrera définitivement sous l’âme noire de cet Orphelinat dont les entrailles lui révéleront une atrocité qu’elle ne pourra jamais accepter et qui l’entraînera très loin mais pour lui offrir ce qu’elle désire le plus.
La mort et l’amour enlacés comme dans une valse morbide et sensuelle sont présents dans chaque plan que nous offre le réalisateur et qui par la présence de ces enfants particuliers (le petit Thomas dont l’aspect physique contraste avec sont étonnante douceur) donne une profondeur et une préciosité au métrage.

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Les acteurs sont tout simplement excellent et tout particulièrement Belen Rueda, dont le rôle de mère fragile et déstabilisée par le passé refusant de mourir et de son présent particulièrement cruel, apporte une crédibilité et une émotion incroyable à l’histoire. La relation particulière qu’elle entretient avec son fils Simon, rôle terriblement touchant et juste dans sa composition, est la clé qui ouvrent les portent de ce sombre Orphelinat.

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Les décors sont d’un classicisme absolument flamboyant, magnifié par une photographie somptueuse et dont chaque recoin semble dissimulé un danger, une présence dangereuse et terrifiante.
Car même si L’Orphelinat est un film sur l’amour d’une mère pour son fils, il reste un film de fantôme, certes différent, mais réellement efficace,non pas sur des scènes chocs, mais par l’ambiance stressante qu’il entretient et la pression constante qui s’intensifie au fil du film pour mieux nous achever dans sa dernière partie particulièrement intense et cruelle.

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Au final cet Orphelinat est une bien belle réussite, qui malgré quelques défauts, réussi à s’imposer comme une œuvre très classique sur la forme mais dont le fond apporte une réelle différence et lui donne une aura particulière qui en fera un film référencé dans les années à venir.

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Une œuvre forte qui mérite amplement les nombreuse récompenses obtenues dans de nombreux festivals et qui prouve qu’avec du talent et un bon scénario, le cinéma fantastique a encore un bel avenir devant lui, même en appliquant de vieilles recettes qui autrefois offraient de véritables frissons que le temps n’a pas encore effacé.
Laissez-vous tenter en franchissant le seuil de ce sombre Orphelinat et n’ayez pas peur car finalement il n’y a que l’amour qui compte…

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 Zombie

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1 commentaire à “L’ORPHELINAT”


  1. 0 zombieofthedead 22 mai 2008 à 17:56

    Une très bonne surprise que ce film. L’espagne nous pônd de véritables surprises en ce moment. C’est beau, original, touchant. Pourvu que ça dure.

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