[REC]

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[REC]

de Jaume Balaguero et Paco Plaza (2007)

avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge Yamam, Carlos Lasarte, Pablo Rosso, David Vert, Vicente Gil, Martha Carbonell, Carlos Vicente

Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son cameraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit.
Ce soir, elle est dans une caserne de pompiers. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu’au coup de fil d’une vieille dame qui réclame du secours. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D’horribles cris ont été entendus dans l’appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, son reportage devrait enfin sortir de la routine… Elle n’imagine pas à quel point !

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Mettons tout de suite les choses au point : [REC] est bien le film de terreur tant attendu et oui ce film dépasse largement les meilleures productions du genre filmées « caméra style amateur ». Digne successeur de Cannibal Holocaust et surtout Le Projet Blair Witch, [REC] pousse très loin le concept de vidéo-réalité et nous offre une véritable descente aux enfers, ne nous offrant que de rares moments de répits, nous plongeant au cœur d’une nuit de terreur et nous achevant par un final incroyablement intense et parfaitement maîtrisé !

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Ici nous suivons donc une équipe de deux journalistes, une présentatrice et son cameramen, intervenant dans un immeuble aux côtés d’une équipe de pompier pour ce qui ressemble à un malaise d’une dame âgée dont les hurlements ont effrayé les voisins. Ce qui bien sur se révélera n’être en fait que le point de départ d’évènements bien plus graves et plus terrifiants.
Du fait des risques et afin de contenir le danger dans l’immeuble, les autorités décident de condamner les sorties du bâtiment, abandonnant presque complètement les reclus à affronter seuls les monstres hargneux et sanguinaires.
Un véritable huis-clos où chaque zone d’ombre peut-révéler la présence d’un de ces monstres ou plus simplement un simple mouvement de caméra peut se révéler fatal !

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Le film des deux réalisateurs ibériques (très proche de ce que fait Balaguero et principalement son A Louer !) est une réussite totale, transformant ce qui aurait pu être de gros défauts en d’énormes qualités, atteignant des sommets dans la tension et le stress permanent !

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Les évènement se déroulant dans le film nous sont dévoilés exclusivement par le biais de la caméra du journaliste et jamais par quelconque autre moyen. Ainsi notre seul champ de vision pendant toute la durée du film est celle de l’objectif de cette caméra et peu importe les circonstances ou les états d’âmes du cameramen.
Par ce procédé, les deux réalisateurs délimitent l’environnement qui nous est visible, réduisant nos possibilités de découvrir ce qu’il se passe et surtout nous rendant totalement dépendant des réactions du journaliste. Ainsi quand ce dernier est pris de panique et qu’il fuit l’image est prise de soubresauts très inconfortables et souvent l’image se trouble. Ce qui là aurait pu être un défaut se transforme en une qualité insoupçonnée : ainsi quand il s’arrête pour régler son image et que le flou disparait, tout comme lui on ne sait pas ce qui va apparaître face à lui (et donc face à nous).
Même dans les moments de panique où la caméra se coupe complètement (plus de son et image noire !), quand la caméra redémarre, sans que l’on sache si une minute ou une heure se sont écoulées, tout peut arriver et très souvent nous déstabilise car nous nous retrouvons en terrain totalement inconnu.

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En supprimant nos repères de lieu, de temps et d’environnement sonore et visuel, nous sommes en permanence mis dans une position plus que inconfortable, subissant chaque attaque et craignant le moindre mouvement de la caméra, et quand celle-ci fixe ou effectue un zoom, brouillant notre évaluation sur la distance, le malaise en est encore un peu plus renforcé….

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L’autre point fort du film vient également de l’utilisation de l’environnement sonore. Ainsi quand l’image se trouble ou tellement agitée que l’on ne peut que très difficilement se repérer, le son reste notre seul témoin fiable des évènements qui se déroulent où tout du moins que nous imaginons se dérouler. Car si Balaguero et son acolytes ont parfaitement compris est que dans le cinéma de genre, le plus terrifiant n’est pas ce que l’on voit, mais bien ce que l’on ne voit pas mais que l’on s’imagine.
Ainsi dans la fuite, quand l’image ne nous offre aucune sécurité, la respiration haletante du cameramen, les cris dans le bâtiment (semblant se rapprocher ou s’éloigner), le bruit des pas dans l’escalier sont les seuls éléments disponibles nous permettant d’essayer de comprendre ce qui se passe réellement. Et ce procédé est d’une efficacité redoutable….

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D’ailleurs les éléments extérieurs agissent également sur notre perception des scènes. Quand nos protagonistes se retrouvent dans l’escalier et que des bruits se font entendre, semblant se rapprocher, que le cameramen essaye de trouver ce qu’il se cache un peu plus haut sur un palier à l’aide du zoom et que à ce moment précis la minuterie de la lumière de l’escalier vient à se terminer, l’effet est implacable. Tout n’est alors que obscurité et chaos, où les cris, les pas, les respirations se mêlent dans un capharnaüm absolument terrifiant, jusqu’à ce que la lumière revienne, mais sans sans pour autant nous garantir la certitude que le danger s’est éloigné…..

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La scène finale est un joyau de tension, de terreur et de folie pure !
Dans un décors terriblement morbide, les réalisateurs nous dévoilent certaines vérités sur les raisons des évènements que les personnages viennent de traverser, augmentant encore un peu plus leur peur et les plongeant dans une panique contagieuse où la chaque mouvement de la caméra nous amène sont lot d’émotion intensément effrayante, où le moindre recoin semble dissimuler une chose horrible et terriblement mortelle.
Ici seule la lampe torche de la caméra les guide à travers les pièces où le silence ambiant semble être encore plus menaçant que les cris lointains des monstres qu’ils perçoivent. Et si la lampe torche s’éteignait et qu’ils n’étaient pas seuls dans cet endroit inquiétant ? Cette simple idée décuple la tension provoquant du coup notre stresse tant, comme les protagonistes, nous sommes totalement dépendant de ce rayon de lumière artificiel….

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En nous offrant un environnement parfaitement crédible jusque dans ces moindres détails, une narration très simple mais révélant une maîtrise totale de la part des réalisateurs sur chaque plan proposé, des acteurs totalement en phase avec le sujet et réagissant de façon logique, des scènes d’attaques sanglantes et souvent très intenses, dans une ambiance glauque où l’hystérie et le stresse se partagent le devant de la scène et en nous plongeant dans une montée en puissance d’adrénaline jouissive et pourtant nous mettant en situation très inconfortable, [REC] est une réussite incroyable, qui risque de marquer les esprits et de devenir une vraie référence dans le cinéma de terreur….

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Zombie 

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1 commentaire à “[REC]”


  1. 0 zombieofthedead 22 mai 2008 à 17:54

    Rec est un très bon film espagnol qui a reçu de très bonnes critiques amplement méritées. Très bonne critique Celtic comme toujours. Si vous ne l’avez pas encore vu, vous savez ce qui vous reste à faire.

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