LE CERCLE INFERNAL

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LE CERCLE INFERNAL
(Full Circle / The Haunting of Julia)

de Richard Loncraine (1977)
avec Mia Farrow, Keir Dullea, Tom Conti, Jill Bennett, Robin Gammell, Cathleen Nesbitt, Anna Wing, Edward Hardwicke, Mary Morris, Pauline Jameson, Arthur Howard, Peter Sallis, Damaris Hayman, Sophie Ward, Hilda Fenemore.

Grand prix au Festival international du film fantastique d’Avoriaz 1978

Julia (Mia Farrow) voit son enfant périr étouffé sans qu’elle puisse intervenir. Abattue par ce drame qui la touche, elle quitte son mari Magnus (Keir Dullea) et s’installe dans une vieille maison victorienne. Avec l’aide de son meilleur ami Mark (Tom Conti), elle tente de surmonter ce traumatisme. Mais peu à peu, Julia sent une étrange présence dans sa nouvelle maison, une présence qu’elle ne craint pas et qui lui fait penser à sa fille. Pourtant, il pourrait s’agir d’une histoire plus terrible encore et Julia commence alors des recherches pour faire la lumière sur cette maison et cette étrange présence qu’elle y ressent.

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Le Cercle Infernal est tout simplement un véritable joyau dans le genre film de fantômes et pour de très nombreuses raisons.En associant la forme par une sublime réalisation de Richard Loncraine et le fond grace au fabuleux jeu nuancée de Mia Farrow, le film atteint des sommets que très rarement égalé dans le cinéma fantastique.Même s’il n’offre que très peu de moments de terreur pure, il installe un climat obsédant, s’enfonçant progressivement dans le morbide et l’étrange.Mais ce film est avant tout l’histoire d’une mère n’ayant pu sauver son enfant, précipitant même sa mort, qui face au vide de l’absence de cet être chéri et son terrible sentiment de culpabilité, ressent la présence de son fantôme, la menant de la peur jusqu’à la folie…..Entre thriller, épouvante et drame humain, ce Cercle Infernal est d’une efficacité redoutable……..

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Richard Loncraine tient là son unique chef d’œuvre et fait preuve d’une maîtrise incroyable et nous offre un final à couper le souffle. Sa réalisation est très fluide, parfois simplement appuyée par des plans fixes ou de simples mouvements, réussissant à préserver un certain équilibre, une certaine fragilité qui ne fait que renforcer le malaise ambiant. Plus l’intrigue avance et plus le mystère s’intensifie, nous amenant vers un univers très morbide où la mort infantile est très présente, s’enfonçant inexorablement vers une folie, contenue mais réellement déstabilisante. Car jamais le réalisateur ne nous donne de réponse satisfaisante, même lors du fameux final où une certaine logique vient presque nous réconforter, mais grace à un mouvement de caméra somptueux, le doute s’installe une dernière fois et le film s’achève sur une image d’une grande puissance émotionnelle.

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La réalisation épouse parfaitement le thème central du métrage : la dérive émotionnelle d’une mère ne pouvant oublier la mort de son enfant.
Plutôt que de définir certaines limites, frontières ou règles, le film nous offre de partager le doute de son personnage central. Comment surmonter pareille épreuve, comment continuer avec ce terrible manque ?

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Avec subtilité et en douceur, le film progresse au rythme des émotions et des tensions ressenties par son héroïne, seule face à un avenir, qui sous l’apparence d’un nouveau départ (elle quitte son mari, change de maison et renoue les liens avec son meilleur ami) n’est peut-être en fait qu’une longue route menant au néant. D’une femme meurtrie au plus profond de sa chaire, dont le destin semble déjà condamné, il va pourtant émaner une force insoupçonnée par le biais de la découverte d’une tragique drame survenu dans sa nouvelle maison. Se jetant à corps perdu dans cette enquête qui va l’emmener aux portes de la folie, semant la mort autour d’elle comme si la découverte de la vérité ne pouvait qu’engendrer de terribles et étranges évènements.

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Mais à travers cette enquête, c’est la présence de son enfant qu’elle recherche, cette fillette qu’elle a vue mourir et dans la panique elle n’a fait qu’empirer la situation. Au bout de sa quête trouvera-t-elle une forme de pardon, de réconfort et de soulagement ?Mais pour qu’un film avec un sujet aussi grave puisse tenir la distance et ne jamais sombrer dans le mélo pompeux, il fallait une actrice à la hauteur : Mia Farrow est cette actrice.

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Si dans Rosemary’s Baby, elle était magnifique, ici elle franchi encore un cap. Constamment sur le fil du rasoir, son jeu est tout simplement d’une justesse impressionnante. Entre regrets et culpabilité, espoir et frayeur, doute et folie, elle est exceptionnelle. A la fois fragile face à son passé douloureux mais d’une force incroyable face à l’espoir de communiquer avec son enfant mort, elle franchi toute les barrières la menant vers la folie. Mais une folie dangereuse car intérieure et solitaire, une perte de toute notion de réalité qui ressemble à un voyage vers nulle part, vers un no man’s land imposé par ses émotions abandonnant tout rapport avec la réalité inacceptable et douloureuse.Les autres acteurs sont vraiment bons mais face à l’interprétation de Mia Farrow semblent un peu en retrait, même si le brillant Tom Conti tire son épingle du jeu avec un rôle apportant une touche subtile d’humour et de compassion face à la situation vécue par l’héroïne.

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Le film bénéficie de fabuleux décors (la maison, celle de l’ami antiquaire, etc…) mis en valeur par une somptueuse photo. Même si le film est ancré dans les années 70, les décors semblent appartenir à un autre temps, rappelant l’univers des films de la Hammer.De plus la musique est également une très belle réussite, associant la douceur et renforçant le sentiment d’étrangeté que procure le film. Une musique qui par moment nous donne des frissons délicieusement angoissant.

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Concernant les effets spéciaux ils brillent par leur absence tant le film se base sur son atmosphère et la retenue, afin de ne jamais apporter la moindre certitude. Cette absence renforce considérablement l’impact du métrage et surtout permet de nombreuses suppositions (suicide, meurtres commis par un/une personne ou fantôme ?) quand à la véracité des éléments que le scénario nous distille au compte goutte !

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Au final, Le Cercle Infernal est tout simplement un pur chef d’œuvre, trop peu connu de façon incompréhensible. Alliant une interprétation sans faille, une réalisation à la classe folle et des décors sublimes, possédant une histoire solide et parfaitement logique, le tout dans une ambiance morbide et oppressante. Une œuvre à réhabiliter de toute urgence et qu’une sortie dvd de bonne qualité aiderait probablement ! Un film maîtrisé de bout en bout donnant un sombre éclat maladif à ce joyau cinématographique.

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PS : un dvd zone 2 est sorti récemment sous son titre américain The Haunting of Julia et est une véritable horreur (image re-cadrée, plans modifiée et images détériorée). Un bon conseil, évitez de vous le procurer en espérant qu’un éditeur sérieux veuille bien nous offrir un dvd digne de ce nom…..

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1 commentaire à “LE CERCLE INFERNAL”


  1. 0 H.C. 2 avr 2012 à 10:13

    Bravo ! Une analyse excellente d’un de mes films préférés. D’après les critiques moyennes que ce film récolte sur tous les sites de cinéma « généraux » (allocine, imdb senscritique) j’ai l’impression qu’il a surtout été vu par un public attendant un film d’horreur classique…

    Ici, 30 ans avant l’Orphelinat, on avait déjà tous les éléments du drame fantastique. Un style compliqué à réussir tant les 2 genres tombent vite dans le superficiel mais qui font des merveilles quand ils sont métrisés et justement dosés. Mia Farrow est extraordinaire et la musique est un chef d’oeuvre d’originalité et de poésie. C’est vraiment réconfortant de trouver quelqu’un qui apprécie ce film à sa juste valeur.

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