ROVDYR (Manhunt) (2007)

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ROVDYR (Manhunt)

de Patrick Syversen (2007)
avec  Henriette Bruusgaard, Lasse Valdal,Jorn-Bjorn Fuller-Gee, Nini Bull Robsahm

1974, quatre jeunes gens sont en route pour un week-end end dans la campagne norvégienne à bord de leur van Volkswagen en écoutant des tubes 70’s à la radio. Après s’être arrêtés dans un restoroute leur laissant entrevoir l’hostilité ambiante des autochtones à l’égard des citadins, ils prennent néanmoins avec eux une auto-stoppeuse dont la nervosité envers ce que semble cacher la forêt n’augure rien de bon. Une crevaison les force à sortir du véhicule à la lisière des bois où ils se font assommer et kidnapper par des chasseurs. A leur réveil, ils comprennent vite que les cors de chasse raisonnant dans la forêt leur sont destinés et qu’ils sont devenus le gibier de la chasse qui vient de commencer.

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Rodvyr venu de sa froide Norvège est un pur survival, glacial, dur, haletant et très violent. Bien qu’il n’offre aucune originalité au niveau de son scénario (pour résumer un habile mélange de Massacre à la Tronçonneuse, Délivrance et Wolf Creek) mais terriblement efficace et prenant.Loin des images léchées et très travaillées que peux nous offrir le cinéma américain, ici le côté réaliste colle a la pellicule, tant sur les décors magnifique de la forêt nordique froide et dangereuse, que sur le comportement de ses interprètes et des réactions face au danger et la douleur ressentie.La durée très courte du film (1h15) permet de maintenir un rythme soutenu une fois les présentations faites. Aucun temps mort dans cette nihiliste et implacable chasse à l’homme composée comme un hymne à la douleur et à la solitude. Car au milieu de cette immense forêt étrangère, les victimes se retrouvent seules face à un ennemi invisible et dont seul le son des cors rappelle la proximité. Des chasseurs sans pitié qui lors de leur interventions, pratiquent un jeu sadique et terriblement cruel. Tel un vulgaire gibier leurs proies humaines sont capturées, attachées et finalement dépecées. Ici le terme de chasse est à prendre au premier degré tant les méthodes employées et les armes utilisées sont celles des chasseurs.

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Le scénario linéaire et ne possédant aucune originalité, est compensé par une mise en image implacable, dont la photographie est une pure merveille. Le froid et l’humidité de cette vaste forêt imprègne les protagonistes tout comme le simple spectateur plongé dans cette poursuite haletante. Le réalisateur connaît parfaitement ses classiques et les divers codes du genre. Il ne déroge à aucune règle et pousse son film dans les derniers retranchement du survival avec une violence et une cruauté rarement égalée dans ses mises à mort, comparables à celle du formidable Wolf Creek, la souffrance y est viscérale, douloureuse et la mort une véritable délivrance.Ici le calvaire subit par les victimes est un des éléments majeur de la réussite de ce film. Frontalement le réalisateur expose les supplices divers et sanglants de ces jeunes égarés au fond des bois. Les couteaux tranchent en gros plan, les impacts des balles sont impressionnants et certains objets peu utilisés font merveille dans l’art de la torture (fil barbelé comme bâillon par exemple). Rien n’est épargné aux victimes tout comme au spectateur.

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Si la réalisation de Patrick Syversen n’offre quasiment aucune originalité, le sérieux avec lequel il filme son histoire et son soucis de coller au maximum à la réalité font merveille ici. Des plans larges pour dévoiler l’étendue de la forêt où les victimes se retrouvent seules face à l’inconnu, aux plans « caméra à l’épaule » lors des poursuites, en passant par ses très gros plans nous envoyant la violence en pleine face ainsi que la douleur et le désarrois de ces jeunes, sont des choix judicieux et parfaitement maîtrisés.

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L’interprétation reste dans le ton du film : juste, réaliste et du coup amplifie implacablement l’effet escompté de chaque scène. Des chasseurs discrets et presque fantomatiques, dont la brutalité et la perversité s’étale tout le long du métrage aux douleurs et à l’incompréhension des victimes, tout est parfaitement joué, offrant de terribles scènes dont l’esprit du Massacre à la Tronçonneuse n’est pas loin.L’héroïne d’ailleurs fait immanquablement  penser à celle du film de Tobe Hooper. Maltraitée, blessée, chassée, assistant à la mise à mort de ceux qu’elle aime et ne trouvant son salut que dans la violence qui pourtant la répugne…

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Ce Rodvyr (Manhunt aux Etats Unis) est un vrai survival, pur et dur, se rapprochant de ceux des années 70, allant au bout de ces idées et n’hésitant jamais à nous offrir de réels instants de folie et de souffrance. Même si ici ou là on pourra lui trouver certains défauts (son manque d’originalité, une mise à mort introduisant un piège style Saw par exemple !), il reste au final une œuvre bestiale, nihiliste et sans la moindre fioriture. Une grande claque qui fait du bien et qui devrait rapidement bénéficier d’une reconnaissance mondiale après avoir écumé de nombreux festivals.

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1 commentaire à “ROVDYR (Manhunt) (2007)”


  1. 0 zombieofthedead 26 jan 2009 à 0:59

    Moi aussi, je l’ai bien aimé ce Rovdyr. C’est pas mon survival préféré mais il est assez bien foutu et on ne s’ennuie pas, ce qui en soit est déjà une bonne chose. A voir si on aime le genre.

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