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MORSE

MORSE

(Låt den rätte komma in / Let the Right One in)

 

MORSE dans FANTASTIQUE aff

de Tomas Alfredson (2008)

avec Kåre Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar, Henrik Dahl, Karin Bergquist, Peter Carlberg

Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Pour tromper son ennui, il se réfugie au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance. Quand Eli s’installe avec son père sur le même palier que lui, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier d’amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l’intriguer… et son arrivée dans cette banlieue de Stockholm coïncide avec une série de morts sanglantes et de disparitions mystérieuses.

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Il existe des films qui par leur sujet, leur réalisation et par leur ambiance réussissent à vous toucher, vous émouvoir et vous rappelle pourquoi le cinéma est une chose primordiale dans vitre vie de cinéphile. Si le 7ème art peut vous offrir un vrai plaisir de spectateur, être un véritable divertissement mêlant divers sentiments et émotions ou une source de réflexion, ce métrage suédois est bien plus que cela, beaucoup plus. Sous son histoire de vampire, en son cœur il renferme un véritable trésor : une histoire d’amour entre deux enfants, d’une pureté et d’une simplicité qui malgré les apparences, vous apporte une véritable émotion, profonde, instantané, mélancolique et touchante.

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Bien qu’étant incontestablement un film de vampire respectant bon nombre de règles, le réalisateur réussi à créer une ambiance particulière, à mettre en place un ton pour le moins original, voir novateur, pour donner un nouveau souffle à ce genre éculé. Bien que d’autres films ai déjà emprunté la voie émotionnelle et narrative que nous délivre ce Morse (Dracula de Coppola, Ginger Snaps ou La Compagnie des Loups), ici Tomas Alfredson parvient à nous offrir une véritable ode à l’inocence et au véritable amour Qui d’autres que des enfants peuvent ressentir un amour aussi parfait, sincère et sans porter aucun jugement ? Qui d’autre peut accepter l’étranger malgré ses faiblesses, ses différences et ses doutes ?

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En plaçant son œuvre dans le regard de se « couple » d’enfant dont le parcours vers le monde de l’adolescence passera par une série d’épreuves dures et mortelles, véritable initiation le réalisateur en change considérablement la donne, la perception du spectateur et touche immanquablement à chaque scène car il nous parle tout simplement d’un sentiment universel où chacun pourra y puiser une source de réflexion, de remontée de souvenirs et probablement de regrets vivaces.

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Cet amour que chacun à possédé, partagé ou pas et qui immanquablement s’est détérioré au fil du temps, faisant de nous des adultes, avec son lot de responsabilité, nous menant à un doute constant dans notre intimité, de nous, de l’autre, même si aux regards des autres nous ne pouvons admettre ce fait. Bien avant ces doutes, les relations physiques et l’apprentissage de la jalousie, il y a avait cette pureté, ce sentiment parfais qui ne pouvait nous faire que nous sentir, plus grand, plus fort. Eli et Oskar, les deux jeunes héros, vont devenir l’incarnation parfaite d’un amour absolu…

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Ces deux enfants tellement différents en apparence sont pourtant très similaires par leur relation complexe et solitaire qu’ils ont vis à vis des réalités de la vie. Oskar, enfant unique d’un couple divorcé, est le souffre douleur des ces camarades de classe et exorcise ses souffrances et sa rage contenue en fantasmant l’assassinat de ces enfants tortionnaires à l’aide d’un couteau qu’il garde sur lui, et qui la nuit, seul dans la cours de son immeuble, rejoue la scène vécue lors de ces humiliations diurnes.

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Eli jeune fille au comportement inadapté et déviant qui ne vit que la nuit tombée et n’a aucun contact amical, ni affectueux avec le monde qui l’entoure. Seul son père entretient une forme de rapport terriblement douloureux avec elle, n’étant que l’élément nourricier, lui apportant sa pitance à domicile mais ne reçoit aucune gratitude où geste amant de la part de sa progéniture. Le destin de ses trois personnages va s’entremêler, lorsque les deux jeunes se rencontreront une nuit dans la cours enneigée de l’immeuble et au-delà de l’horreur régnant dans la froideur des nuits de Stockholm, naîtra leur amour.

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Le réalisateur nous décris un univers particulièrement sombre et glacial dont le froid et le manteau neigeux qui recouvre cette banlieue suédoise annihile toute envie, tout désir, tout espoir. Les adultes décris dans son film, ne peuvent en aucun cas servir de modèle, ni même apporter le côté protecteur, véritables repères salvateur pour tout enfant. Ils ne sont que des êtres perdus, à l’avenir incertain, au présent monotone semblant en phase avec l’univers de cette cité. Même le père d’Oskar, malgré les apparences, finira par décevoir son enfant, lui ôtant son dernier repère d’une certaine forme de normalité.

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Mais la normalité dans le film est désespérée, imbibée d’alcool et noyée dans une solitude amante où chacun survit sans réussir à trouver une émotion salvatrice. La société que nous dépeint Tomas Alfredson ne peut satisfaire l’univers intérieur de nos deux jeunes héros, dont la rencontre et la découverte de leur amour naissant sera leur seule porte de salut, vers autre chose, loin de ce système et cet environnement déprimant dirigé par les adultes.

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De l’innocence de l’enfance vers l’univers adolescent, le réalisateur réussi à nous dépeindre la lente mutation de nos deux jeunes protagonistes avec un talent fou et des images dont la fulgurance vous prend à la gorge, au coeur. Leur union basée sur l’incompréhension du monde environnant, sur leur solitude partagée pour échapper au jugement du regard des autres et leur besoin de s’affranchir de ses manques affectifs que les adultes ne peuvent leur offrir. Et le metteur en scène parvient à propulser son film vers les sommet par le traitement qu’il propose de cet amour enfantin.

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Là où certains films de genre se complaisent dans la démonstration et la surenchère, ce film s’oriente vers la pudeur et la simplicité, ne dévoilant que très peu de choses, ne montrant que rarement les meurtres où la violence physique, bien que les morts violentes et les scènes sanglantes sont bien présentes ici mais espacées et très souvent surprenantes par le soudaineté.

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Le réalisateur se concentre, se focalise sur l’amour naissant de ces deux enfants différents, véritable freaks aux yeux des autres, évitant autant que possible les longs dialogues, préférant capter les regards partagés et tellement révélateur par Eli et Oskar. D’ailleurs certains sens, le toucher, l’odorat, l’ouïe établissent la base de leur relation intime. Mais une relation pure et dans arrière pensée comme peut offrir tout amour enfantin. Les gestes affectueux emplis de tendresse et de complicité, entre crainte et découverte, sont de véritables connections entre leurs âmes affamées.

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Face aux épreuves terribles et parfois monstrueuses qu’ils vont traverser, rien ne semble pouvoir séparer ces deux amis, ces deux amoureux nocturne. Mais c’est sans compter sur certains événement inattendus, prouvant une fois encore la dureté de la réalité et les dangers qu’elle véhicule…

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Visuellement Tomas Alfredson nous offre de magnifiques plans, d’une maîtrise quasi chirurgicale, alliant très gros plans et cadres très travaillés, véritables tableaux de nature morte, réussissant à imprégner sur la pellicule ce sentiment d’isolement que chaque protagoniste véhicule tout au long de l’intrigue. De images profondément mélancolique, déchirante de véracité et dont la neige immaculé semble étouffer les bruits, les cris et les soupirs. Rythme lent et presque hypnotique, déchiré par des traits de violence dont la brutalité sonne comme un réveil, seuls instants qui redonnent un semblant de vie à la cité assoupie.

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Véritable contradiction que le réalisateur parvient à dessiner, trouvant un équilibre et une précision folle sans jamais se laisser à toute forme de facilité voir de paresse. Instant de mort ressuscitant la vie, baisers de sang au goût de pureté,sacrifices douloureux pour préserver l’amour, de la glace des décors au feux intérieurs consumant les deux jeunes héros, tout est opposé, tout contraire se complète pour établir un équilibre miraculeux où seules les émotions sont préservés pour mieux nous toucher.

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Au final ce Låt Den Rätte Komma In est un film précieux, véritable diamant à l’éclat sombre, dont la beauté dissimulé dans son écrin ne parviendra pas au regard de tous, mais pour ceux qui se laisseront doucement entraîner dans cette histoire d’amour au goût de sang et au regard pur, révélera toutes ses richesses. Un film unique, véritable descente aux confins de l’amour parfait, plongée vers ces sentiments complexes de l’enfance et de cette simplicité à accepter l’univers de l’autre.

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Pour moi tout simplement un chef d’œuvre en devenir qui trouvera son véritable public au fil du temps, lui offrant un véritable film de genre dont l’intelligence du propos et la beauté des sentiments liant ces deux enfants, lui fera traverser l’épreuve des années et le préservant de l’oubli sans la moindre difficulté…

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DREAMCATCHER, l’attrape-rêves

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Dreamcatcher, l’attrape-rêves
(Dreamcatcher)
de Lawrence Kasdan (2002)

avec Morgan Freeman, Thomas Jane, Joe « Beaver » Clarenton, Jason Lee, Damian Lewis, Timothy Olyphant, Tom Sizemore, Donnie Wahlberg.

Après avoir été longuement séparés, quatre amis d’enfance se retrouvent dans les forêts du Maine, au nord-est des Etats-unis. Dotés de pouvoirs télépathiques suite à un acte héroïque, ils sont surpris par un blizzard qui cache une mystérieuse force maléfique. Le quatuor doit alors empêcher le massacre de civils innocents et affronter un horrible danger qui menace la Terre.

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Bon soyons clair tout de suite : pour moi ce film est sans aucun doute la pire adaptation d’un roman de Stephen King (et pourtant il y en a un paquet de ratées), trahissant l’œuvre originale jusqu’à en devenir risible…Ici tout est mis en place pour réussir le parfait navet, et reconnaissons qu’il y parvient haut la main !!!

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Passée une première demi-heure prometteuse, proche de l’ambiance du roman, ensuite le film s’enfonce inexorablement dans le grand n’importe quoi !De façon incompréhensible, le scénario s’éloigne du roman pourtant très réussi, pour nous offrir comme seul intérêt, une forme d’invasion extra-terrestre….anale.

Dès la fameuse scène des toilettes, plus aucune surprise n’est permise.En nous offrant les clés de son intrigue aussi rapidement le réalisateur « suicide » son film, car le seul intérêt résidait dans un éventuel élément de surprise, tant le reste est tout simplement un incroyable fiasco à tous les niveaux.

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Ici pas la moindre trace de finesse passée l’entame réussie du film.
Les acteurs en rajoutent des tonnes ou à l’inverse sont d’une discrétion frôlant l’absence d’interprétation.
Les effets spéciaux, nombreux, mais trop souvent tombent à plats, voire sont tout simplement ridicules et que dire des influences approximatives recyclées qui jamais ne parviennent à vraiment s’intégrer à ce patchwork filmique (Shining, The Thing, Alien, etc…).
De plus la réalisation de monsieur Kasdan est d’une mollesse désespérante, au point de rendre une poursuite ennuyeuse et les scènes « horrifiques » moches voir complètement gratuites avec un côté scato assez énervant à la longue.

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Pourtant cette histoire aurait pu donner un tout autre film, tant sur le fond (l’histoire d’amitié particulière est ici seulement un prétexte pour lancer le film) que sur la forme (fallait-il vraiment autant appuyer le côté scato de l’histoire en nous offrant des plans d’une laideur presque repoussante ?).
Dans ces très beaux paysages enneigés et désertiques, jamais le sentiment de solitude des personnages principaux n’apparaît à l’écran (n’est pas Carpenter le premier venu !) et encore moins le côté malsain qui vu le sujet, semblait s’imposer à la lecture de l’histoire.

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Rien de tout cela n’est présent dans ce film au scénario bancal, juste une accumulation de scènes, parfois contradictoires, et trop souvent totalement fusillées par le traitement qui nous est imposé (soit par le réalisateur, soit par les acteurs, soit par les effets spéciaux et parfois par les trois !!!) nous menant vers une fin dont le ridicule vient définitivement enterrer la moindre chance d’éprouver la moindre sympathie pour cette « œuvre ».
Avec autant de tare la durée excessive du métrage enfonce définitivement le clou de la somnolence qui s’empare de nous. Le rythme est lent et pour rallonger le tout, de nombreux dialogues inutiles et parfois totalement incohérents viennent s’ajouter, mais comme le scénario n’est pas d’une très grande clarté, rien ne nous étonne finalement.

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De plus le traitement du film est très premier degrés, très (trop ?) sérieux contrastant avec les images hallucinantes de bêtises qui défilent sous nos yeux. Si seulement le réalisateur avait eu la bonne idée de parsemer son film d’instants drôles (volontaires bien évidemment, pas ceux qui par leur nullité ne peuvent qu’amener un rire désapprobateur très présents ici) ou par un second degrès permettant de s’attirer la sympathie de l’audience.
Mais non, tout est d’un académisme presque déconcertant, jusqu’à sa musique pompeuse, alourdissant encore un peu plus la réalisation pesante de Lawrence Kasdan.

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Au final L’Attrape-Rêves s’avère être un attrape nigaud, long et totalement irrespectueux de son public mais surtout de l’excellent roman de Stephen King !
Un bon gros navet puant la suffisance, déservi par des acteurs peu impliqués, un réalisateur hors-sujet et des effets spéciaux trop souvent maladroitement utilisés…

 

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MAD MAX

 

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MAD MAX

de George Miller (1979)

avec Mel Gibson (« Mad » Max Rockatansky), Joanne Samuel (Jessie Rockatansky), Brendan Heath (Sprog Rockatansky), Hugh Keays-Byrne (Toecutter), Steve Bisley (Jim « mother » Goose « le Gorille »), Tim Burns (Johnny the Boy), Roger Ward (Fifi McAffee), Lisa Aldenhoven (infirmière), David Bracks (Mudguts) Bertrand Cadart (Clunk), David Cameron (Barry), Robina Chaffey (chanteuse du club Sugartown), Stephen Clark (Sarse), Mathew Constantine (Toddler), Jerry Day (Ziggy Reg Evans), Vincent Gil (Crawford « Nightrider » Montizano), Lulu Pinkus (copine du Nightrider).

Dans un futur proche, les grandes nations sont entrées en guerre pour le pétrole ; exaspérées par la situation de crise, les populations se sont révoltées, les nations essaient de maintenir un semblant d’ordre tandis que des bandes de délinquants sillonnent les routes.
Max Rockatansky (Mel Gibson) est un policier de la route, un « bronze » (en référence à la couleur de sa plaque de service). À bord de son Interceptor (une Ford Falcon XB sedan australienne, propulsée par un 351 Cleveland ( 5.8 litres de cylindrée )), il est chargé de faire règner la sécurité et de combattre les bandes de pirates de la route ; il fait équipe avec le motard Jim « Mother Goose » (« Mère l’Oie », incarné par Steve Bisley). Sa meilleure arme est son sang-froid, qui lui permet de faire « craquer » ses adversaires lors d’impressionnants face à face routiers.
Son chef veut faire de lui un héros, mais il est fatigué et pense a quitter la police. Il part en vacances avec sa femme et son fils, pour réfléchir et prendre la bonne décision…
Mais sur la route, il rencontre justement une bande dont il a tué un des membres, le Nightrider (l’Aigle de la Route)…

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MAD MAX fait partie de ces films qui ont marqué toute une génération.

Film âpre et violent ou la vitesse est élevée au rang de divinité, ou la vengeance implacable (seule raison d’etre de son anti-héros : Max !!!) est le seul espoir dans ce monde apocalyptique.Oui ce film est très violent, sans concession et sans la moindre parcelle d’humanité, surtout dans sa seconde moitié, mais reste néanmoins touchant car le combat perdu d’avance par Max est parfaitement compréhensible voire même justifiable dans cet univers battit sur la loi du plus fort.

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George Miller réussi un véritable exploit en réalisant ce film avec un budget dérisoire (350.000 $).
Jamais son film ne parait bénéficier d’un aussi faible budget tant son univers de fin du monde est en adéquation avec le sujet. Tout est réel, bénéficiant des fabuleux décors de l’Australie, et absolument crédible. Il a pris le parti de privilégier la qualité de la prise de vue plutôt que d’investir dans des artifices qui, au final, n’auraient pas réussi à masquer le cruel manque d’argent.
La mise en scène est une pure merveille tant elle colle avec la rugosité de ce monde barbare et la vitesse de ces bolides gonflés avalant l’asphalte de ces longues routes sans fin. La caméra colle aux véhicules, frôle la route et semble s’encastrer dans les collisions impressionnantes de ce film.

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Les acteurs totalement investis dans leurs rôles nous entraînent dans cette folie furieuse qui dans dans leur regard dès qu’ils sont au volant de leur bolide.
Seul Mel Gibson a un rôle plus consistant. De bon flic, bien que aussi brutal que ses collègues et probablement accro a l’adrénaline insufflée par son job, (comment oublier la scène de présentation de son personnage et le face a face mortel avec L’Aigle de la route ?), bon mari amant et bon père, il devient au fur et a mesure que les épreuves douloureuses s’abattent sur lui, Mad Max, justicier froid et implacable….
D’ailleurs MAD MAX est l’un des rares films ou son personnage principal auquel on s’identifie aisément, est un tueur sans pitié, plus violent et sombre que les bad guys qui sillonnent le pays.

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Bien entendu la réussite du film tient du talent de son jeune acteur mais surtout des scènes de poursuites et de ses cascades a couper le souffle qui aujourd’hui encire restent parmi les plus impressionnantes jamais filmées.

Mais ce film est aussi un véritable western mécanique que Sergio Leone n’aurait pas renier. Mais ici la cavalerie ( la police MFP, Main Force Patrol), n’arrive jamais à temps et les indiens (les hordes de motards) ne sont pas des victimes.
La lumière crue et les gros plans sur les visages burinés renforcent encore l’impression d’etre dans l’univers du western, mais façon spaghetti.
De longues étendues désertiques ou seul le reflet des insignes des policiers brillent sous un soleil de plomb. Seul le bruit des « motors » sur-gonflés des véhicules résonnent a l’horizon, annonciateur de furie et de mort, de rage et de sang.

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Pour résumer MAD MAX, trois mots viennent a l’esprit : vengeance, violence et vitesse !!!

Mad Max est aujourd’hui reconnu pour ses qualités cinématographiques d’avant-garde. Pourtant à sa sortie en 1979, le film sent le souffre. Il dérange par sa violence, sa noirceur. On va même jusqu’à lui prêter une idéologie fascisante. C’est précédé de cette exécrable réputation que le film débarque en France. Et la censure ne l’épargne pas : Mad Max est classé X. Il sort dans les circuits de distribution pornographique, amputé de ses scènes les plus dures. Il faudra finalement attendre 1983 pour que Mad Max renaisse dans des conditions normales et retrouve enfin sa dignité.

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Dans Mad Max l’humanité est exposée dans toute sa noirceur, sa barbarie, n’offrant qu’une vision pessimiste et terrifiante du futur…
Avec son héros désabusé et n’ayant pour raison de survivre que cette quête de la vengeance.
Mais point de salut dans cette quête sanglante : Max ne trouvera jamais la paix.
La violence n’a pas d’issue, elle consume tout, ne laissant derrière elle que des regrets et des souvenirs hantant a jamais notre héros dont la route s’annonce encore bien longue…

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Il est seul Max….

 

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Zombie

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LA MAISON AUX FENETRES QUI RIENT

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LA MAISON AUX FENETRES QUI RIENT
(La Casa dalle Finestre che Ridono / The House with Laughing Windows)

de Pupi Avati 1976

avec Lino Capolicchio, Francesca Marciano, Gianni Cavina, Giulio Pizzirani, Vanna Busoni, Andrea Mateuzzi, Bob Tonelli, Pietro Brambilla, Ferdinando Orlandi, Ines Ciaschetti

Stefano, un jeune artiste peintre, arrive à Palerme, une petite ville du sud de l’Italie, afin de restaurer une fresque ornant l’intérieur d’une église. Dès son arrivée, il se voit détourné de son travail par des coups de fils anonymes, le prêtre ou encore un ami qui lui raconte l’histoire horrible de Bouno Legnani, l’auteur de cette peinture murale, une représentation très réaliste des souffrances de Saint Sébastien.Lorsqu’il sera mis à la porte de son auberge pour cause d’un manque de place, Stefano se voit installé dans une étrange demeure habitée par une vieille femme paralysée et des bruits inexplicables.

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Dès le début le ton du film est donné.Un homme suspendu par ses poignets est lacéré sur tout son corps par deux tortionnaires sans nous dévoiler leur identité.Une scène intense, filmée simplement comme une peinture mais avec brio et où les cris de la victime se mêlent à une petit musique inappropriée à l’horreur et l’intensité de la scène….. En quelques minutes Pupi Avati sans aucun artifice autre que la colométrie particulière nous place dans un contexte particulier où la souffrance semble être une des composantes de la création artistique. D’ailleurs une voix off vient renforcer cet étrange sentiment de malaise et de contemplation :
 » I colori, colano delle mie vene. Sono così morbide, i miei colori, così morbide… » (Les couleurs, elles coulent de mes veines. Elles sont si douces, mes couleurs, si douces…)

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Le film de Pupi Avati ensuite dévie étrangement de ce départ marquant mais sans jamais nous ôter les sensations ressenties
En suivant l’enquête de cet homme découvrant peu à peu l’origine de ce tableau peint par Legnani, surnommé « le peintre de l’agonie » et l’histoire qui y est rattachée, il nous plonge dans le monde de ses paysans italiens, vivant presque en totale autarcie et dont les mœurs peuvent parfois sembler suspectes. Ils semblent tous connaître un secret douloureux qu’ils protègent quitte à se débarrasser des brebis galeuses ayant la langue trop pendue…

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Un vrai film atmosphérique, s’approchant parfois de certains Bava (Opération Peur) ou de Fulci (La Longue Nuit de l’Exorcisme), ou l’impression dérangeante du début ne nous quitte pas, sans pour autant que le film regorge de scènes sanglantes (même si d’autres meurtres sont bien présents mais très peu démonstratif).
Ici les images, les sons, les lieux semblent être emprunts d’un sentiment de mélancolie et de mort. L’univers macabre des meilleurs films italiens est de mise jusqu’à son final où enfin on découvre la vérité. Mais pourtant par la maîtrise et le talent du réalisateur, on ne s’ennuie jamais, tant l’enquête est amenée de façon intelligente et malgré le fait qu’elle se rattache terriblement à celles présentes dans de nombreux giallo.
Mais le climat oppressant et très prenant le distingue de bon nombre de ses confrères….

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Pupi Avati semble filmer ces scènes comme dans un rêve ou en tout cas dans un univers quelque peu différent. Les décors, la lumière et une fois encore les sons renforcent considérablement cette impression !
Il réussi à créer une tension palpable grace à un formidable jeu de lumière et d’obscurité ou l’homme partiellement éclairé affronte une pénombre menaçante d’où émane d’étranges bruits….
D’ailleurs avec la justesse et l’agencement de ces décors, le film semble composé de nombreux tableaux (souvent baroques ou des natures mortes) contrastant avec ceux du peintre Legnani (viscéraux, charnels et dérangeants).

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De plus dans l’ensemble les acteurs sont plutôt bons, en tout cas assez convaincants pour ne pas gâcher certaines révélations et scènes cruciales pour le développement de l’histoire, bien que certains dialogues ne sont pas franchement réussis.
Lino Capolicchio dans son rôle de jeune artiste réparant les œuvres abîmées par le temps menant cette enquête macabre est parfait mêlant candeur et profondeur jusqu’au final vraiment très surprenant.

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La Maison aux Fenêtres qui Rient est un film précieux et particulier, qui mérite à mes yeux de figurer aux côtés des plus belles réussites des Bava, Fulci et Argento.
Un film, dont le réalisateur, Pupi Avati, a su magnifiquement créer une atmosphère oppressante et macabre, aux confins des giallos et des films plus traditionnel de fantôme, mais non pas au niveau des codes mais dans le visuel et le ressenti que nous offre son œuvre !
Une horreur sensitive et psychologique qui ne peut laisser indifférent les amateurs de ce genre cinéma !

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KAIRO

de Kiyoshi Kurosawa 2000

Avec Haruhiko Kato, Kumiko Aso, Koyuki

Prix de la critique au Festival de Cannes 2001

Taguchi, un jeune informaticien, est retrouvé pendu dans son appartement. Sous le choc, ses collègues cherchent à en savoir plus sur ce suicide inexplicable. La victime a laissé un mystérieux message contenu dans une simple disquette. De toute évidence, celle-ci recèle un virus qui contamine ses utilisateurs et a de graves répercussions sur leur comportement.A Tokyo, l’inquiétude grandit au fur et à mesure que le virus se propage à travers les réseaux informatiques. Des petits groupes de jeunes gens tentent de résister, tandis que les disparitions se multiplient.

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Kairo est une oeuvre particulièrement austère et n’est probablement pas destinée au grand public !
Ce film d’ailleurs est bien plus une étude sur la société japonaise et principalement ces jeunes adultes de la génération internet qu’un pur film d’horreur. Pourtant il réussi a nous offrir quelques scènes réellement terrifiantes dont on ne ressort pas tout a fait indemne surtout si l’on est un fervent pratiquant du web !

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Kiyoshi Kurosawa n’est pas ce que l’on pourrait appeler un réalisateur enthousiaste….Ici il dépeint une jeunesse désabusée, apathique, perdue dans une société qui ne lui ressemble pas ou le seul refuge pour s’extraire du quotidien reste internet. Mais ce formidable outil de communication renferme ces jeunes dans un isolement qui ne fait qu’accentuer leur mal-être.C’est la le sujet principal du film, le coeur du métrage.Les protagonistes de ce film souffrent tous de la solitude et progressivement s’enfoncent dans un isolement, surtout psychologique, fatal. Ils sont dépeins comme des êtres vides, lent, au regard perdu et dont l’avenir s’annonce désenchanté. Seul deux jeunes tentent coute que coute de surmonter cet environnement austère et froid, mais se retrouvant bien seul, égaré dans un monde ou la vie semble s’éteindre lentement mais inexorablement.Les fantômes semblant se propager via le net, investissent progressivement le monde réel, offrant une alternative au désespoir ambiant : la mort ou plus précisément le suicide !

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Ces fantômes sont décris comme des êtres solitaires, lents et au comportement physique proche de celui des vivants.Une des nombreuses bonnes idées du film, les fantômes et les vivants ont les mêmes caractéristiques physiques et psychologiques. Tous sont enfermés dans une douloureuse solitude qui ne leur laisse aucun répits.La solitude et l’isolement envahissent le métrage de Kiyoshi Kurosawa comme une épidémie, une maladie insidieuse que rien ne semble pouvoir stopper. Fantômes et vivants atteins par le même virus, brisant l’idée même d’un paradis enchanteur ou le moindre espoir de lendemain radieux.Un film ou l’ambiance se fait lourde et la tension grandissante a mesure qu’approche le dénouement, ponctuée de quelques scènes de terreurs particulièrement réussie. L’une des qualités de ce film, qui pourra peut-être perçue par certains comme son principal défaut, est l’extrême lenteur que lui inflige son réalisateur. Mais comment faire ressentir le désenchantement et la détresse de ses protagonistes autrement ? Une langueur qui sied a merveille au sujet du film…

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Une atmosphère rendue étouffante lors des apparitions des fantômes, sans pour autant la présence de la moindre scène sanglante. Bien mieux qu’un simple film d’horreur Kairo est un film de terreur au scénario très riche ou de nombreuses questions très contemporaines ne trouvent pas de réelles explications….même la mort inéluctable ne peut servir d’échappatoire aux interrogations et a la douleur des vivants.Les acteurs sont pour la plus part bon même s’il est a noter un personnage peu crédible et assez mal interprétée par une actrice qui fort heureusement passera assez rapidement a trépas.Les décors et la lumière ajoutent au sentiment de malaise que procure le film.

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Tout est froid, désincarné et rarement la frontière entre fantômes et vivants aura été aussi étroite tant la lumière du film réussie a mêler ces deux univers pas si éloignés au final.Mais l’autre point fort du film est incontestablement sa bande son ! Les bruits et les divers effets augmentent la sensation de renfermement, allant parfois jusqu’à la claustrophobie et accentue considérablement les interventions des fantômes . De plus la magnifique musique composée par Takefumi Haketa est une belle réussite collant parfaitement aux images désespérées du métrage.

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Au final Kairo est une oeuvre profonde, complexe et très austère réussissant parfaitement ses deux objectifs : inquiéter viscéralement et interroger le spectateur sur le monde contemporain.Une oeuvre magistralement mise en image par un Kiyoshi Kurosawa très inspiré et très concerné par le monde ou il vit, le notre en l’occurrence.Un film réservé a un public a l’esprit ouvert a d’autres horizons que celui des films grand public privilégiant trop souvent la forme au détriment du fond.

 

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X TRO

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X TRO
de Harry Bromley Davenport 1983
avec Philip Sayer, Bernice Stegers, Danny Brainin, Maryam d’Abo, Simon Nash, Peter Mandell, Anna Win.

Après la disparition de son père, le petit Terry proclame à qui veut bien l’entendre qu’il l’a vu se faire emporter par une lumière dans le ciel.
Rachel, sa mère, et son entourage pensent que Sam a simplement abandonné sa famille sans laisser de trace.
Pourtant, trois ans plus tard, Sam réapparaît, et il n’a plus aucun souvenir de ce qui lui est arrivé durant tout ce temps. Mais Rachel a refait sa vie avec un photographe et, qui plus est, le comportement de Sam se montre par moment bien inquiétant…

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X-TRO est une petite production horrifique britannique financée par les studios New Line qui raconte l’enlèvement d’un humain par des extra-terrestres et de son retour dans sa famille mais bien loin de la vision par exemple de ceux de Spielberg (E.T. ou Rencontre du Troisième Type). Bénéficiant à peine de 1 million de dollars, d’un scénario retravaillé de nombreuses fois (certaines scènes ont même été improvisées directement sur le tournage) et d’un montage bouleversé au dernier, X-Tro avait tout pour devenir une véritable série Z…..
Mais pourtant il n’en est rien….

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Malgré quelques défauts bien présents (musique horrible et lumière assez moche), le film réussi a trouver sa voie et reste plutôt cohérent dans ses idées jusque dans son final assez troublant et inquiétant.
Pourtant il est incontestable que XTro reste une œuvre à part dans le cinéma de genre. Pour plusieurs raisons et surtout pour son univers particuliers et vraiment prenant. On retrouve une certaine tension palpable, dans une ambiance assez malsaine (ici l’enfant n’hésite pas à faire exécuter des adultes…) traversé par des images totalement étrange, surréalistes et parfois déstabilisant. Ainsi on découvre une femme prise dans un immense cocon, transformée en pondeuse, dont un clown vient recueillir les oeufs.

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Les meurtres sont pour le moins originaux et très correctement réalisés. On voit ainsi un G.I.Joe de taille humaine assassiner une vieille dame, un clown inquiétant et son yo-yo muni de lames tranchant une gorge, un homme poursuivi par un tank jouet mais tirant de véritables balles » ou encore la scène la plus marquante et assez impressionnante de ce film : le viol d’une femme par un extra-terrestre (de façon buccale) et son effroyable accouchement pour le moins particuliers….

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Les acteurs, dans l’ensemble, assurent correctement leurs rôles pour les rendre crédibles même si de temps à autre un dialogue fâcheux vient ternir cette impression. Une curiosité dans le casting, la présence de l’actrice française Maryam d’Abo, dont c’est le premier film et qui par la suite deviendra une James Bond girl….

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Le film traite en filigrane de la paternité (la descendance qu’un père veut voir perdurer), de la reconstruction d’une famille désunie par la disparition initiale du père et d’une certaine façon de la place aux yeux d’un petit garçon de l’image paternelle….mais le scénario assez tourmenté n’approfondit pas ces idées, ce qui aurait pu apporter une dimension supplémentaire a l’œuvre ! On pense parfois au cinéma de Cronenberg (Frissons et Chromosome 3) par son côté organique….

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Au final le film de Harry Bromley Davenport est un film singulier, mêlant très adroitement le science-fiction et l’horreur, nous offrant un univers étrange et malsain, et qui malgré ses quelques défauts dus à une production assez chaotique, est une belle réussite….

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Un film qui restera culte pour ceux qui ont eu la chance de le découvrir et qui mériterait une sortie dvd pour que mes plus curieux et courageux fans du genre, à leur tour, tombent sous le charme vénéneux de cette oeuvre unique……

 

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ABANDONNEE (2007)

 

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ABANDONNEE

de Nacho Cerda 2007

avec Anastasia Hille, Karel Roden, Carlos Reig, Valentin Ganev, Paraskeva Djukelova, Kalin Arsov, Svetlana Smoleva, Anna Panayotova, …

Marie, productrice de cinéma américaine, retourne dans son pays natal, la Russie, où le cadavre de sa mère a été retrouvé dans des circonstances étranges. Elle ne l’a jamais connue, ayant été adoptée et emmenée aux Etats-Unis à la naissance. Le seul indice dont elle dispose est une ferme isolée, abandonnée dans les montagnes, qui appartenait à ses parents naturels.

Marie hérite du lieu, mais personne ne veut l’y conduire car une superstition locale prétend que l’endroit est… damné. Un seul homme est prêt à s’embarquer pour un voyage aussi long et dangereux… Un inconnu qui, étrangement, semble en savoir beaucoup sur son histoire… Une fois sur place, le mystérieux guide disparaît, obligeant Marie à explorer seule le site abandonné.
Elle y retrouve un homme appelé Nikolaï, qui prétend avoir été attiré ici exactement de la même manière, afin de découvrir également la vérité sur son passé…

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Nacho Cerda pour son premier long métrage, signe un film de fantômes oppressant, traversé d’instants de terreur pure. Abandonnée est une oeuvre glauque, sans humour, traversée d’images malsaines et vraiment effrayantes (des bébés jetés aux cochons, un père essayant de noyer son nourrisson, apparitions des fantômes,etc…).

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La mise en scène de Nacho Cerda est efficace et ne relâche presque jamais l’intensité qu’il crée dans un huis-clos pour le moins oppressant. Techniquement le film est une véritable réussite. Ici le son est un élément essentiel dans la narration et la construction de l’histoire (dans le pré-générique saisissant où des cris de nouveaux nés se joignent au bruit d’un avion au décollage donnant immédiatement le ton du film). Des sensations décuplées par la bande-son qui même lors des passages sans la présence des fantômes ne nous laisse aucun répit. La lumière est d’une beauté et d’une précision touchant au sublime. A elle seule elle réussie a transformer un lieu glauque et peu rassurant en un lieu terrifiant (le tunnel dans la cave est une grande réussite). Elle donne une atmosphère claustrophobique très particulière au film. D’ailleurs souvent on pense au film de Lucio Fulci (surtout L’Au-Delà…) par ses ambiances noyées dans un voile de vapeur, troublant la perception de la réalité.

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Oscillant constamment entre passé et présent, rêve ou réalité, le film en déroutera plus d’un. Ici l’auteur distille les informations et les certitudes au compte goutte, pour mieux nous perdre dans les dédales de cette maison hantée. Comme l’héroïne, de nombreuses questions viennent nous assaillir, et ne nous laisse pas le temps de vraiment y répondre tant le rythme du film est élevé grace au montage très nerveux que lui impose Nacho Cerda.Le couple d’acteurs ayant les deux rôles principaux sont vraiment bons, ne surjouant jamais et réussissant a nous retransmettre les diverses émotions qu’il ressentent durant leur long et douloureux parcours.Afin de bénéficier de ces conditions optimales, il est impératif de découvrir The Abandoned dans une salle de cinéma.

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Abandonnée n’a rien d’un produit de studio qui se contente de recycler ou de plagier les classiques du genre
Le film de Nacho Cerda en partant d’un thème plus que connu (la maison hantée) réussi a innover. Son métrage est un trip expérimental construit comme un authentique cauchemar, nous plongeant au coeur des ténèbres, la ou Lucio Fulci avait pour habitude de nous emmener….

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Une oeuvre particulière ou le coté artistique et le coté technique ont leur importance et pour en profiter pleinement Abandonnée doit être vécu dans une salle de cinéma.

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LE CERCLE INFERNAL

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LE CERCLE INFERNAL
(Full Circle / The Haunting of Julia)

de Richard Loncraine (1977)
avec Mia Farrow, Keir Dullea, Tom Conti, Jill Bennett, Robin Gammell, Cathleen Nesbitt, Anna Wing, Edward Hardwicke, Mary Morris, Pauline Jameson, Arthur Howard, Peter Sallis, Damaris Hayman, Sophie Ward, Hilda Fenemore.

Grand prix au Festival international du film fantastique d’Avoriaz 1978

Julia (Mia Farrow) voit son enfant périr étouffé sans qu’elle puisse intervenir. Abattue par ce drame qui la touche, elle quitte son mari Magnus (Keir Dullea) et s’installe dans une vieille maison victorienne. Avec l’aide de son meilleur ami Mark (Tom Conti), elle tente de surmonter ce traumatisme. Mais peu à peu, Julia sent une étrange présence dans sa nouvelle maison, une présence qu’elle ne craint pas et qui lui fait penser à sa fille. Pourtant, il pourrait s’agir d’une histoire plus terrible encore et Julia commence alors des recherches pour faire la lumière sur cette maison et cette étrange présence qu’elle y ressent.

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Le Cercle Infernal est tout simplement un véritable joyau dans le genre film de fantômes et pour de très nombreuses raisons.En associant la forme par une sublime réalisation de Richard Loncraine et le fond grace au fabuleux jeu nuancée de Mia Farrow, le film atteint des sommets que très rarement égalé dans le cinéma fantastique.Même s’il n’offre que très peu de moments de terreur pure, il installe un climat obsédant, s’enfonçant progressivement dans le morbide et l’étrange.Mais ce film est avant tout l’histoire d’une mère n’ayant pu sauver son enfant, précipitant même sa mort, qui face au vide de l’absence de cet être chéri et son terrible sentiment de culpabilité, ressent la présence de son fantôme, la menant de la peur jusqu’à la folie…..Entre thriller, épouvante et drame humain, ce Cercle Infernal est d’une efficacité redoutable……..

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Richard Loncraine tient là son unique chef d’œuvre et fait preuve d’une maîtrise incroyable et nous offre un final à couper le souffle. Sa réalisation est très fluide, parfois simplement appuyée par des plans fixes ou de simples mouvements, réussissant à préserver un certain équilibre, une certaine fragilité qui ne fait que renforcer le malaise ambiant. Plus l’intrigue avance et plus le mystère s’intensifie, nous amenant vers un univers très morbide où la mort infantile est très présente, s’enfonçant inexorablement vers une folie, contenue mais réellement déstabilisante. Car jamais le réalisateur ne nous donne de réponse satisfaisante, même lors du fameux final où une certaine logique vient presque nous réconforter, mais grace à un mouvement de caméra somptueux, le doute s’installe une dernière fois et le film s’achève sur une image d’une grande puissance émotionnelle.

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La réalisation épouse parfaitement le thème central du métrage : la dérive émotionnelle d’une mère ne pouvant oublier la mort de son enfant.
Plutôt que de définir certaines limites, frontières ou règles, le film nous offre de partager le doute de son personnage central. Comment surmonter pareille épreuve, comment continuer avec ce terrible manque ?

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Avec subtilité et en douceur, le film progresse au rythme des émotions et des tensions ressenties par son héroïne, seule face à un avenir, qui sous l’apparence d’un nouveau départ (elle quitte son mari, change de maison et renoue les liens avec son meilleur ami) n’est peut-être en fait qu’une longue route menant au néant. D’une femme meurtrie au plus profond de sa chaire, dont le destin semble déjà condamné, il va pourtant émaner une force insoupçonnée par le biais de la découverte d’une tragique drame survenu dans sa nouvelle maison. Se jetant à corps perdu dans cette enquête qui va l’emmener aux portes de la folie, semant la mort autour d’elle comme si la découverte de la vérité ne pouvait qu’engendrer de terribles et étranges évènements.

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Mais à travers cette enquête, c’est la présence de son enfant qu’elle recherche, cette fillette qu’elle a vue mourir et dans la panique elle n’a fait qu’empirer la situation. Au bout de sa quête trouvera-t-elle une forme de pardon, de réconfort et de soulagement ?Mais pour qu’un film avec un sujet aussi grave puisse tenir la distance et ne jamais sombrer dans le mélo pompeux, il fallait une actrice à la hauteur : Mia Farrow est cette actrice.

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Si dans Rosemary’s Baby, elle était magnifique, ici elle franchi encore un cap. Constamment sur le fil du rasoir, son jeu est tout simplement d’une justesse impressionnante. Entre regrets et culpabilité, espoir et frayeur, doute et folie, elle est exceptionnelle. A la fois fragile face à son passé douloureux mais d’une force incroyable face à l’espoir de communiquer avec son enfant mort, elle franchi toute les barrières la menant vers la folie. Mais une folie dangereuse car intérieure et solitaire, une perte de toute notion de réalité qui ressemble à un voyage vers nulle part, vers un no man’s land imposé par ses émotions abandonnant tout rapport avec la réalité inacceptable et douloureuse.Les autres acteurs sont vraiment bons mais face à l’interprétation de Mia Farrow semblent un peu en retrait, même si le brillant Tom Conti tire son épingle du jeu avec un rôle apportant une touche subtile d’humour et de compassion face à la situation vécue par l’héroïne.

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Le film bénéficie de fabuleux décors (la maison, celle de l’ami antiquaire, etc…) mis en valeur par une somptueuse photo. Même si le film est ancré dans les années 70, les décors semblent appartenir à un autre temps, rappelant l’univers des films de la Hammer.De plus la musique est également une très belle réussite, associant la douceur et renforçant le sentiment d’étrangeté que procure le film. Une musique qui par moment nous donne des frissons délicieusement angoissant.

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Concernant les effets spéciaux ils brillent par leur absence tant le film se base sur son atmosphère et la retenue, afin de ne jamais apporter la moindre certitude. Cette absence renforce considérablement l’impact du métrage et surtout permet de nombreuses suppositions (suicide, meurtres commis par un/une personne ou fantôme ?) quand à la véracité des éléments que le scénario nous distille au compte goutte !

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Au final, Le Cercle Infernal est tout simplement un pur chef d’œuvre, trop peu connu de façon incompréhensible. Alliant une interprétation sans faille, une réalisation à la classe folle et des décors sublimes, possédant une histoire solide et parfaitement logique, le tout dans une ambiance morbide et oppressante. Une œuvre à réhabiliter de toute urgence et qu’une sortie dvd de bonne qualité aiderait probablement ! Un film maîtrisé de bout en bout donnant un sombre éclat maladif à ce joyau cinématographique.

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PS : un dvd zone 2 est sorti récemment sous son titre américain The Haunting of Julia et est une véritable horreur (image re-cadrée, plans modifiée et images détériorée). Un bon conseil, évitez de vous le procurer en espérant qu’un éditeur sérieux veuille bien nous offrir un dvd digne de ce nom…..

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DOOMSDAY

 

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DOOMSDAY
de Neil Marshall (2008)
avec Rhona Mitra, Bill Nelson, Bob Hoskins, Adrian Lester, Alexander Siddig, David O’Hara, Malcolm McDowell, Craig Conway, Emma Cleasby, Jeremy Crutchley, Christine Tomlinson


Un terrible virus annihile 90 % des habitants en Ecosse. Pour endiguer l’épidémie, le gouvernement anglais construit un mur infranchissable.
L’Écosse est désormais un no man’s land barbare et violent où les survivants sont coupés du monde.
Lorsque 30 ans plus tard, le même virus réapparaît au cœur de Londres, un commando de choc part en mission suicide rechercher un éventuel vaccin dans une Écosse contrôlée par des gangs rivaux…

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Doomsday rend hommage à des œuvres majeures du cinéma d’anticipation des années 80, principalement New York 1997 de John Carpenter et Mad Max 2 de George Miller, en offrant quelques clins d’œil aux Guerriers de la Nuit et tout un pan des films italiens post New-York 1997.
Bien entendu cette histoire de contamination en Ecosse et en Angleterre nous fait penser aux 28 Jours/Semaines plus tard (d’ailleur la musique de ces deux films est bien présente ici), mais Neil Marshall nous offre avant tout un vrai film de séries B (à réserver aux vrais passionnés du cinéma de genre US et italien de cette page d’histoire cinématographique que sont les années 80) violent, nerveux, sanglant, drôle et loin de toute bonne morale tant son film se complaît dans la surenchère et parfois le mauvais goût inutile (le cannibalisme entre autre), mais tellement jouissif, surtout sur grand écran !

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En mixant intelligemment les scénarios de 28 semaines plus tard et de New York 1997, Neil Marshall réalise un vrai film patchwork mais grâce à un budget correct et un vrai talent de réalisateur, son film ne tombe jamais dans le plagiat, la parodie ou le nanar. Menant son histoire avec un rythme effréné (du coup le scénario s’évanouit presque pour laisser place à une accumulation de scènes violentes et parfois très sanglantes sans réelle justification) le réalisateur n’hésite pas un seul instant à nous envoyer non pas de simple clins d’oeil mais des plans entiers des films précités (ainsi quand le V.A.B. militaire entre dans la zone contaminée en vision nocturne, on se croirait presque dans le planeur de Snake Plissken ou encore lors de la poursuite finale, quand derrière le véhicule de l’héroïne surgit la voiture de flic et qu’elle la vois dans rétroviseur on est en plein Mad Max 1 !) mais s’intégrant parfaitement à l’intrigue de ce Doomsday.

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L’enchaînement des scènes d’actions procurent un réel plaisir de cinéfile, tant elles sont bien amenées et font donc références aux films cultes de toute une génération. Seul petit bémol, Neil Marshall lors de certains combats rapproché ne maîtrise pas vraiment l’action et nous gratifie de trop de plans rapprochés réduisant considérablement l’impact de la scène (le combat entre l’héroïne et la punk ou la bagarre dans une voiture lors de la scène de poursuite !).

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Les décors sont évidement fortement inspirés par le New York 1997 de J.Carpenter (voir son Los Angeles 2013), des murs de l’enceinte aux ruelles sombres et dépeuplées en passant par les hordes qui traquent nos héros. Les costumes et le look des personnages semblent directement sortis de Mad Max 2 voir même Class 1984 et comment ne pas penser aux Guerriers de la Nuit quand une bande prêt à en découdre déboule dans une ruelle mal éclairée s’alignant d’un trottoir à l’autre. Référence encore et toujours avec les personnages principaux. L’héroïne est tout simplement la version féminine de Snake Plissken (borgne, attitude et poses à la Snake, caractère bien trempé assorti de petites répliques assassines) et le plus étonnant est que Rhona Mitra réussi à tenir son rôle dans jamais être ridicule. Un véritable exploit !
Par contre le bad guy interprété par Craig Conway et fortement inspiré de celui de Wez (le chien de guerre punk du seigneur Humungus) dans Mad Max 2, malgré une certaine folie, n’atteint jamais celui de son modèle. Ce qui est un peu regrettable…..

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Passons aux quelques points négatifs du film selon moi, et il y en a. Hormis certaines scènes de combats rapprochées mal filmées, on peut regretter le passage « médiéval » du métrage, trop court pour pouvoir vraiment apporter quelque chose à l’intrigue et pour apporter un peu de profondeur aux personnages, surtout Malcolm McDowell qui à la limite cachetone ici plus que autre chose. On notera aussi que les rôles secondaires n’apportent pas grand chose, simple faire valoir pour la plupart (seul Bob Hoskins et David O’Hara réussissent à ressortir du lot) mais la grossière erreur de Neil Marshall est de faire disparaître son personnage de femme-punk bien trop tôt car elle paraissait bien plus intéressante que le méchant de service.

Pour le reste que du bonheur. Références après références, jusque dans la musique où l’on retrouve des passage de la composition de Carpenter pour son N.Y 1997 ou encore le morceau de 28 Jours plus tard, un pur produit destiné aux geeks de cette période où n’importe quel film à petit budget transalpin lorgnait du côté des Mad Max et autre N.Y 1997, et malgré leurs énormes défauts, réussissaient à nous arracher un sourire bienveillant voir parfois quelques fou rires !
Mais avec le talent de Neil Marshall, Doomsday est une énorme série B, décomplexée et qui enfonce toutes les portes sans trop se soucier de la linéarité de son scénario où de la crédibilité de ces scènes (par exemple la voiture coupant en deux un bus comme la caravane dans Mad Max 1 est franchement peu crédible mais tellement jouissive !).

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Au final, Doomsday ne pourra que plaire aux fans de Snake Plissken, de Mad Max et ces films aujourd’hui invisibles sur grand écran où le ton et la folie l’emportait sur tout le reste ! Ceux qui espèrent découvrir un nouveau chef d’œuvre de l’anticipation, ce film n’est pas pour vous et risque de beaucoup vous énerver.
Doomsday est un film réalisé par un fan fou amoureux d’une certaine époque du cinéma, révolue aujourd’hui, pour d’autres fans qui n’espéraient plus un jour pouvoir découvrir ce genre de spectacle sur grand écran. Je ne dirais qu’une seule chose pour finir : Merci monsieur Neil Marshall…..

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L’ORPHELINAT

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L’ORPHELINAT
(El Orfanato)

de Juan Antonio Bayona (2007)

avec Belen Rueda, Fernando Cayo, Géraldine Chaplin, Montserrat Carulla, Mabel Rivera, Andrés Gertrudix, Roger Príncep, Alejandro Campos, Georgina Avellaneda, Oscar Guillermo Garretón, Carla Gordillo Alicia, Edgar Vivar, Oscar Casas, Mireia Renau.

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Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d’autres enfants qu’elle aimait comme ses frères et soeurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l’intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l’imagination de Simon, qui commence à se livrer à d’étranges jeux avec « ses amis »… Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l’univers de Simon, convaincue qu’un mystère longtemps refoulé est tapi dans l’orphelinat…

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L’Orphelinat est avant tout un film classique qui fait énormément référence à tout un pan de l’histoire fantastique avec maison hantée et style gothique. On ne peut s’empêcher de penser à des films comme La Résidence ou encore Next of Kind tant l’esthétisme du film en est assez proche. Mais pourtant L’Orphelinat n’est pas une traditionnelle histoire de fantôme vengeur car ici ses fantômes ne viennent pas provoquer la terreur (malgré la présence de quelques scènes assez stressante) mais cherchent plutôt à retrouver une forme de plénitude et d’amour perdu avec le temps. Bien loin des clichés, le film est un doux mélange entre conte et nostalgie, où l’amour prend une place importante et justifie certains actes, un film dont le cœur et l’âme sont l’enfance et le deuil.

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Juan Antonio Bayona, dont c’est ici le premier, film connaît parfaitement ses classiques et un peu à l’image de ce qu’avait réussi Amenabar avec son magnifique Les Autres, rend un hommage vibrant au cinéma d’épouvante des années 70/80. Il parvient un créer une véritable ambiance où dans l’immense demeure semblent vivre certains esprits dont l’identité n’est connu que par le fils adoptif de l’héroïne.

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Un film parfaitement maîtrisé, possédant une magnifique photographie rendant chaque lieu inquiétant, accentuant la splendeur de cette bâtisse et les magnifiques décors extérieurs qui l’entoure.
Ici le réalisateur ne sombre presque jamais dans la facilité (bien que l’on a droit à certains poncifs du genre comme les grincements de parquets, les portes qui claques ou l’orage qui gronde au loin) et nous offre une histoire tout en retenue et en finesse comme pour mieux préserver l’atmosphère étrange et inquiétant que diffuse la maison sur ses occupants.

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Mais L’Orphelinat est avant tout l’histoire d’une mère et de son amour pour son fils, dont le passé revient hanter son esprit quand la nuit arrive. Un passé dont le lien avec le présent est la maison et ses occupants n’ayant toujours pas quitter les lieux malgré leur mort. Ces occupants, tous des enfants, qui communiques avec le garçon présent par le biais de jeu semblant anodin au premier abord mais qui en réalité sont de véritables pièges tant physiques que psychologiques.
Ces enfants que la maladie et la mort ont emporté dans de terribles souffrances et qui par la présence du nouvel occupant, très semblable à eux sur des bien des points, leur offrir un dernier espoir inespéré et qui pourrait enfin combler leur cœur vide et affamé d’un amour que leur état d’orphelin n’a jamais pu leur procurer.

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Sans trop révéler de l’intrigue, simple au premier regard, mais bien plus complexe et cruelle au final, le film se compose de deux parties, deux tableaux serais-je tenté de dire, où l’amour maternel est l’élément central, mais un amour absolu, par de là la mort et la frayeur où chaque émotion, chaque sensation prend une aura particulière quand arrive la dernière scène, d’une fulgurante beauté et d’une tendresse morbide rarement montrée sur grand écran.

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Cette mère qui sous le poids de son passé et celui des craintes futures, sombrera définitivement sous l’âme noire de cet Orphelinat dont les entrailles lui révéleront une atrocité qu’elle ne pourra jamais accepter et qui l’entraînera très loin mais pour lui offrir ce qu’elle désire le plus.
La mort et l’amour enlacés comme dans une valse morbide et sensuelle sont présents dans chaque plan que nous offre le réalisateur et qui par la présence de ces enfants particuliers (le petit Thomas dont l’aspect physique contraste avec sont étonnante douceur) donne une profondeur et une préciosité au métrage.

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Les acteurs sont tout simplement excellent et tout particulièrement Belen Rueda, dont le rôle de mère fragile et déstabilisée par le passé refusant de mourir et de son présent particulièrement cruel, apporte une crédibilité et une émotion incroyable à l’histoire. La relation particulière qu’elle entretient avec son fils Simon, rôle terriblement touchant et juste dans sa composition, est la clé qui ouvrent les portent de ce sombre Orphelinat.

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Les décors sont d’un classicisme absolument flamboyant, magnifié par une photographie somptueuse et dont chaque recoin semble dissimulé un danger, une présence dangereuse et terrifiante.
Car même si L’Orphelinat est un film sur l’amour d’une mère pour son fils, il reste un film de fantôme, certes différent, mais réellement efficace,non pas sur des scènes chocs, mais par l’ambiance stressante qu’il entretient et la pression constante qui s’intensifie au fil du film pour mieux nous achever dans sa dernière partie particulièrement intense et cruelle.

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Au final cet Orphelinat est une bien belle réussite, qui malgré quelques défauts, réussi à s’imposer comme une œuvre très classique sur la forme mais dont le fond apporte une réelle différence et lui donne une aura particulière qui en fera un film référencé dans les années à venir.

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Une œuvre forte qui mérite amplement les nombreuse récompenses obtenues dans de nombreux festivals et qui prouve qu’avec du talent et un bon scénario, le cinéma fantastique a encore un bel avenir devant lui, même en appliquant de vieilles recettes qui autrefois offraient de véritables frissons que le temps n’a pas encore effacé.
Laissez-vous tenter en franchissant le seuil de ce sombre Orphelinat et n’ayez pas peur car finalement il n’y a que l’amour qui compte…

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