Page d'archive 3

ABANDONNEE (2007)

 

gaff158742906redimensionner.jpg

ABANDONNEE

de Nacho Cerda 2007

avec Anastasia Hille, Karel Roden, Carlos Reig, Valentin Ganev, Paraskeva Djukelova, Kalin Arsov, Svetlana Smoleva, Anna Panayotova, …

Marie, productrice de cinéma américaine, retourne dans son pays natal, la Russie, où le cadavre de sa mère a été retrouvé dans des circonstances étranges. Elle ne l’a jamais connue, ayant été adoptée et emmenée aux Etats-Unis à la naissance. Le seul indice dont elle dispose est une ferme isolée, abandonnée dans les montagnes, qui appartenait à ses parents naturels.

Marie hérite du lieu, mais personne ne veut l’y conduire car une superstition locale prétend que l’endroit est… damné. Un seul homme est prêt à s’embarquer pour un voyage aussi long et dangereux… Un inconnu qui, étrangement, semble en savoir beaucoup sur son histoire… Une fois sur place, le mystérieux guide disparaît, obligeant Marie à explorer seule le site abandonné.
Elle y retrouve un homme appelé Nikolaï, qui prétend avoir été attiré ici exactement de la même manière, afin de découvrir également la vérité sur son passé…

g136601649513352redimensionner.jpg

Nacho Cerda pour son premier long métrage, signe un film de fantômes oppressant, traversé d’instants de terreur pure. Abandonnée est une oeuvre glauque, sans humour, traversée d’images malsaines et vraiment effrayantes (des bébés jetés aux cochons, un père essayant de noyer son nourrisson, apparitions des fantômes,etc…).

g13660893858301redimensionner.jpg

La mise en scène de Nacho Cerda est efficace et ne relâche presque jamais l’intensité qu’il crée dans un huis-clos pour le moins oppressant. Techniquement le film est une véritable réussite. Ici le son est un élément essentiel dans la narration et la construction de l’histoire (dans le pré-générique saisissant où des cris de nouveaux nés se joignent au bruit d’un avion au décollage donnant immédiatement le ton du film). Des sensations décuplées par la bande-son qui même lors des passages sans la présence des fantômes ne nous laisse aucun répit. La lumière est d’une beauté et d’une précision touchant au sublime. A elle seule elle réussie a transformer un lieu glauque et peu rassurant en un lieu terrifiant (le tunnel dans la cave est une grande réussite). Elle donne une atmosphère claustrophobique très particulière au film. D’ailleurs souvent on pense au film de Lucio Fulci (surtout L’Au-Delà…) par ses ambiances noyées dans un voile de vapeur, troublant la perception de la réalité.

g136601029634636redimensionner.jpg

Oscillant constamment entre passé et présent, rêve ou réalité, le film en déroutera plus d’un. Ici l’auteur distille les informations et les certitudes au compte goutte, pour mieux nous perdre dans les dédales de cette maison hantée. Comme l’héroïne, de nombreuses questions viennent nous assaillir, et ne nous laisse pas le temps de vraiment y répondre tant le rythme du film est élevé grace au montage très nerveux que lui impose Nacho Cerda.Le couple d’acteurs ayant les deux rôles principaux sont vraiment bons, ne surjouant jamais et réussissant a nous retransmettre les diverses émotions qu’il ressentent durant leur long et douloureux parcours.Afin de bénéficier de ces conditions optimales, il est impératif de découvrir The Abandoned dans une salle de cinéma.

g13660469327347redimensionner.jpg

Abandonnée n’a rien d’un produit de studio qui se contente de recycler ou de plagier les classiques du genre
Le film de Nacho Cerda en partant d’un thème plus que connu (la maison hantée) réussi a innover. Son métrage est un trip expérimental construit comme un authentique cauchemar, nous plongeant au coeur des ténèbres, la ou Lucio Fulci avait pour habitude de nous emmener….

g13660136213668redimensionner.jpg

Une oeuvre particulière ou le coté artistique et le coté technique ont leur importance et pour en profiter pleinement Abandonnée doit être vécu dans une salle de cinéma.

46.gif

FRISSONS (1974)

frissonsaffiche.jpg

FRISSONS
(Parasite Murders / Shivers)
de David Cronenberg 1974

avec Paul Hampton, Joe Silver, Lynn Lowry, Barbara Steele, Allan Migicovsky, Susan Petrie, Ronald Mlodzick, Barry Baldaro, Camil Ducharme, Hanka Posnanska, Wally Martin, Vlasta Vrana, Sylvie Debois, Charles Perley, Al Rochman, Julie Wildman, Arthur Grosser

Avant de se donner la mort, l’éminent professeur Karl Emil Hobbes a étranglé, puis éventré, et finalement arrosé d’acide les viscères de sa jeune voisine Anabelle. Un confrère, le Docteur Roger St. Luc, décide d’enquêter sur l’affaire, et plus particulièrement sur les derniers résultats des recherches du professeur Hobbes. Non loin de là dans les appartements voisins, d’autres personnes commencent à souffrir de douleurs au ventre.

ndvd033redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Frissons est le premier film de David Cronenbrg. Un film imparfait mais d’une profondeur et d’une intelligence rare dans le cinéma de genre.En un seul film l’univers de ce réalisateur s’étale, se repend sous nos yeux avec force et précision.Ici le point central de l’histoire est l’homme, mais pas dans une notion spirituelle ou globale mais l’Homme simple masse de chair complexe dont la composition organique prime sur le reste.
Un univers propre au réalisateur canadien qu’il prolongera et autopsiera jusqu’à sa déshumanisation dans son remake de La Mouche. L’Homme n’est qu’un mammifère qui lutte pour sa survie, dont les plus terribles dangers se nomment maladie et mort….

ndvd011redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Dans ce film étonnant par son côté visionnaire (comment ne pas voir de rapport avec le fléau du Sida à venir) et incroyablement dérangeant, non seulement par ses images malsaines et sanglantes mais par l’idée même du film. Un virus transmissible sexuellement transforme les êtres en de frénétiques fornicateurs par un processus douloureux et révulsif.Le sexe occupe ici les devants de la scène sans pourtant le moindre acte clairement montré mais présent dans presque tous les plans surtout lors de la seconde partie du film.
Ici pas de place pour une sexualité partagée dans l’amour, le désir ou la passion, mais dans un besoin compulsif, maladif obtenu sans le consentement de son ou sa partenaire. Mais là où le film sort de tous les schémas connus est le fait que la sexualité concerne toutes les victimes et sans distinction d’age, de race ou de précepte moral (homosexualité masculine et féminine, pédophilie, orgie, etc…).

ndvd007redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Une œuvre qui sous air de film « gore » (plus dans le sens du malaise généré par les images que par des excès sanguinolents) nous renvoi l’image d’une libération sexuelle faisant des ravages dans ces années 70. Mais une sexualité qui passe par la transmission d’un parasite, végétant dans les entrailles des contaminés, prenant possession de leurs plus primitifs instincts et qui de part son aspect phallique ne laisse aucun doute sur son symbolisme. Ainsi lors d’un baiser entre deux femmes, le parasite passe de la bouche d’une contaminée à l’intérieur de sa victime saine en apparence mais qui à son tour sera prise dans cette forme de désirs incompressible de chair.

ndvd005redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Sur bien des points le film de Cronenberg nous renvoie l’image de celui de Romero (La Nuit des Morts-Vivants). Si dans ce dernier les « monstres » étaient des personnes décédées revenant à la vie, avides de se repaître de chairs humaines pour combler un désir et un besoin, pour les contaminés de Cronenberg, il s’agit de la même envie charnelle, mais non pas de se nourrir au sens propre du terme, mais de nourrir ses pulsions sexuelles. D’ailleurs dans plusieurs scènes de groupe, les victimes du parasite se déplacent de façon étrange, proche de l’imagerie courante des zombies de Romero.

ndvd015redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Mais dans Frissons les contaminés ont pleinement conscience de leur état et une fois passée la période d’incubation, sont parfaitement en harmonie avec leurs nouvelle forme de vie. Ainsi, dans plusieurs scènes ont remarque une certaine sensualité dans le regard ou le déhanchements de ces corps avides, mais une sensualité qui laissera vite place à une forme bien plus immonde lors du contact sexuel.
Ainsi même si ce que l’on pourrait appeler les prémices, voir « préliminaires » étant donné le sujet, conservent dans certaines scènes une connotation de désir et de séduction, l’acte charnel lui nous est montré comme bien moins agréable et plus douloureux. Face à ce parasite, il n’existe que deux choix au final : la contamination et l’espoir de vivre sans aucune barrière morale ou la mort dans la souffrance.

ndvd035redimensionnerredimensionner.jpg

Mais là ou Frissons surprend encore est dans son aspect froid et totalement déshumanisé. Tout le film, hormis quelques scènes explicatives, se déroulent dans un immense lieu clos : un immeuble ultra-moderne et quasi autonome se trouvant sur une ile dans la banlieue de Montréal.
Un building gris et austère, possédant des couloirs blancs et des appartements meublés très années 70 où les éléments les constituant sont impersonnel et ne dévoilant aucun souvenir concernant les occupants.

ndvd019redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Dans le film les personnages ne sont que très peu développés et ne sont parfois réduits qu’à de victimes potentielles du parasite. Il est à noté que de nombreux acteurs présents ici sont des amateurs (premier film et budget plutôt mince) d’où leurs prestations parfois limite.Les seuls moments où le film retrouve une image et une ambiance plus humaine est lors de la présence des parasites. Comme si par ces changements de lumière et d’aspect, Cronenberg nous indiquait que le concept de l’humanité tel que l’on peut la concevoir dans nos sociétés n’est qu’un leurre. La vrai humanité est celle faite uniquement de chair et sang, dans son aspect le plus primitif sans la moindre notion de spiritualité, libérée de toute oppression sociale et morale.Nous sommes tous des porteurs potentiels de parasites.

ndvd020redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Autre fait anecdotique mais curieux, Frissons semble avoir fortement inspiré un jeune scénariste, Dan O’Banon, qui quelques années plus tard racontera l’histoire d’un parasite se développant dans le corps humain, dans un lieu clos ou tout échappatoire paraît impossible : Alien !Car de trop nombreuses « coïncidences » lient ces deux films : le parasite dans le corps humain, une scène de sortie douloureuse par la poitrine, l’acide causant des plaies fumantes, l’immeuble remplacé par un vaisseau, etc….

ndvd028redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Mais Frissons est également un film très dérangeant par ses scènes très viscérales et sanglantes. Avec ses parasites rappelant inévitablement un pénis, mais gluant et sanglant, il provoque en nous un véritable rejet physique. Ces parasites se déplacent dans l’organisme, chose que l’on aperçoit longuement dans certaines scènes, mais également hors du corps de l’hôte nous dévoilant leur répugnante apparence.Cette forme d’horreur mêlée à de nombreuses allusions sexuelles très explicites (viol comme seul acte sexuel, rapports entre hommes, entre femmes mais également un homme avec une femme et sa petite fille, un vieillard avec sa jeune fille, fille mineure maîtresse de nombreux hommes murs de l’immeuble, deux jeunes sœurs jumelles tenues en laisse et aboyant comme des chiennes…) renforce un malaise profond, comme si le film devenait un parasite qui se frayait un passage dans nos cerveaux pour mieux nous atteindre une fois le film fini….malgré le fait qu’aucune scène de rapport intime ne soit montré par Cronenberg.

ndvd027redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Frissons est définitivement une œuvre à part dans le cinéma de genre (comme beaucoup des films de son réalisateur) car tant par son imagerie malsaine violente voir troublante (les contaminés semblent vivre sereins et en parfaite harmonie). Le premier film d’un véritable auteur n’hésitant pas à s’aventurer loin des sentiers battus, poussant sa réflexion jusque dans les viscères de ses victimes, ne nous épargnant rien tant sur la forme que sur le fond mais dont chaque acte est totalement justifié par son sujet : l’homme n’est qu’un animal fait seulement de chair et sang.Une forme de vie parmi tant d’autres et dont les véritables ennemis ne viennent pas d’une autre planète mais sont blottis au plus profond de chacun. Une humanité sans aucune défense face à ces « parasites » grouillant dans son corps, aussi microscopique soit-il, car en dehors de la chair, il n’existe rien d’autre…..

ndvd031redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

Une oeuvre forte et très intense que chacun pourra analyser selon son propre point de vue et qui prouve par-là même que ce réalisateur canadien est l’un des plus passionnants dans le monde ultra-conservateur du cinéma nord-américain.

ndvd029redimensionnerredimensionnerredimensionner.jpg

La maladie est une forme d’amour entre deux êtres étrangers, nous dit Cronenberg et pour mieux nous en convaincre, il nous offre une cathédrale filmique vouée à cette croyance, dont Frissons est la première pierre !

51.gif

LE CERCLE INFERNAL

aff2.jpg

LE CERCLE INFERNAL
(Full Circle / The Haunting of Julia)

de Richard Loncraine (1977)
avec Mia Farrow, Keir Dullea, Tom Conti, Jill Bennett, Robin Gammell, Cathleen Nesbitt, Anna Wing, Edward Hardwicke, Mary Morris, Pauline Jameson, Arthur Howard, Peter Sallis, Damaris Hayman, Sophie Ward, Hilda Fenemore.

Grand prix au Festival international du film fantastique d’Avoriaz 1978

Julia (Mia Farrow) voit son enfant périr étouffé sans qu’elle puisse intervenir. Abattue par ce drame qui la touche, elle quitte son mari Magnus (Keir Dullea) et s’installe dans une vieille maison victorienne. Avec l’aide de son meilleur ami Mark (Tom Conti), elle tente de surmonter ce traumatisme. Mais peu à peu, Julia sent une étrange présence dans sa nouvelle maison, une présence qu’elle ne craint pas et qui lui fait penser à sa fille. Pourtant, il pourrait s’agir d’une histoire plus terrible encore et Julia commence alors des recherches pour faire la lumière sur cette maison et cette étrange présence qu’elle y ressent.

01redimensionner1.jpg

 

Le Cercle Infernal est tout simplement un véritable joyau dans le genre film de fantômes et pour de très nombreuses raisons.En associant la forme par une sublime réalisation de Richard Loncraine et le fond grace au fabuleux jeu nuancée de Mia Farrow, le film atteint des sommets que très rarement égalé dans le cinéma fantastique.Même s’il n’offre que très peu de moments de terreur pure, il installe un climat obsédant, s’enfonçant progressivement dans le morbide et l’étrange.Mais ce film est avant tout l’histoire d’une mère n’ayant pu sauver son enfant, précipitant même sa mort, qui face au vide de l’absence de cet être chéri et son terrible sentiment de culpabilité, ressent la présence de son fantôme, la menant de la peur jusqu’à la folie…..Entre thriller, épouvante et drame humain, ce Cercle Infernal est d’une efficacité redoutable……..

02redimensionner.jpg

 

Richard Loncraine tient là son unique chef d’œuvre et fait preuve d’une maîtrise incroyable et nous offre un final à couper le souffle. Sa réalisation est très fluide, parfois simplement appuyée par des plans fixes ou de simples mouvements, réussissant à préserver un certain équilibre, une certaine fragilité qui ne fait que renforcer le malaise ambiant. Plus l’intrigue avance et plus le mystère s’intensifie, nous amenant vers un univers très morbide où la mort infantile est très présente, s’enfonçant inexorablement vers une folie, contenue mais réellement déstabilisante. Car jamais le réalisateur ne nous donne de réponse satisfaisante, même lors du fameux final où une certaine logique vient presque nous réconforter, mais grace à un mouvement de caméra somptueux, le doute s’installe une dernière fois et le film s’achève sur une image d’une grande puissance émotionnelle.

03redimensionner.jpg

 

La réalisation épouse parfaitement le thème central du métrage : la dérive émotionnelle d’une mère ne pouvant oublier la mort de son enfant.
Plutôt que de définir certaines limites, frontières ou règles, le film nous offre de partager le doute de son personnage central. Comment surmonter pareille épreuve, comment continuer avec ce terrible manque ?

05redimensionner1.jpg

 

Avec subtilité et en douceur, le film progresse au rythme des émotions et des tensions ressenties par son héroïne, seule face à un avenir, qui sous l’apparence d’un nouveau départ (elle quitte son mari, change de maison et renoue les liens avec son meilleur ami) n’est peut-être en fait qu’une longue route menant au néant. D’une femme meurtrie au plus profond de sa chaire, dont le destin semble déjà condamné, il va pourtant émaner une force insoupçonnée par le biais de la découverte d’une tragique drame survenu dans sa nouvelle maison. Se jetant à corps perdu dans cette enquête qui va l’emmener aux portes de la folie, semant la mort autour d’elle comme si la découverte de la vérité ne pouvait qu’engendrer de terribles et étranges évènements.

04redimensionner.jpg

 

Mais à travers cette enquête, c’est la présence de son enfant qu’elle recherche, cette fillette qu’elle a vue mourir et dans la panique elle n’a fait qu’empirer la situation. Au bout de sa quête trouvera-t-elle une forme de pardon, de réconfort et de soulagement ?Mais pour qu’un film avec un sujet aussi grave puisse tenir la distance et ne jamais sombrer dans le mélo pompeux, il fallait une actrice à la hauteur : Mia Farrow est cette actrice.

06redimensionner1.jpg

 

Si dans Rosemary’s Baby, elle était magnifique, ici elle franchi encore un cap. Constamment sur le fil du rasoir, son jeu est tout simplement d’une justesse impressionnante. Entre regrets et culpabilité, espoir et frayeur, doute et folie, elle est exceptionnelle. A la fois fragile face à son passé douloureux mais d’une force incroyable face à l’espoir de communiquer avec son enfant mort, elle franchi toute les barrières la menant vers la folie. Mais une folie dangereuse car intérieure et solitaire, une perte de toute notion de réalité qui ressemble à un voyage vers nulle part, vers un no man’s land imposé par ses émotions abandonnant tout rapport avec la réalité inacceptable et douloureuse.Les autres acteurs sont vraiment bons mais face à l’interprétation de Mia Farrow semblent un peu en retrait, même si le brillant Tom Conti tire son épingle du jeu avec un rôle apportant une touche subtile d’humour et de compassion face à la situation vécue par l’héroïne.

07redimensionner1.jpg

 

Le film bénéficie de fabuleux décors (la maison, celle de l’ami antiquaire, etc…) mis en valeur par une somptueuse photo. Même si le film est ancré dans les années 70, les décors semblent appartenir à un autre temps, rappelant l’univers des films de la Hammer.De plus la musique est également une très belle réussite, associant la douceur et renforçant le sentiment d’étrangeté que procure le film. Une musique qui par moment nous donne des frissons délicieusement angoissant.

08redimensionner1.jpg

 

Concernant les effets spéciaux ils brillent par leur absence tant le film se base sur son atmosphère et la retenue, afin de ne jamais apporter la moindre certitude. Cette absence renforce considérablement l’impact du métrage et surtout permet de nombreuses suppositions (suicide, meurtres commis par un/une personne ou fantôme ?) quand à la véracité des éléments que le scénario nous distille au compte goutte !

09redimensionner1.jpg

 

Au final, Le Cercle Infernal est tout simplement un pur chef d’œuvre, trop peu connu de façon incompréhensible. Alliant une interprétation sans faille, une réalisation à la classe folle et des décors sublimes, possédant une histoire solide et parfaitement logique, le tout dans une ambiance morbide et oppressante. Une œuvre à réhabiliter de toute urgence et qu’une sortie dvd de bonne qualité aiderait probablement ! Un film maîtrisé de bout en bout donnant un sombre éclat maladif à ce joyau cinématographique.

10redimensionner1.jpg

 

PS : un dvd zone 2 est sorti récemment sous son titre américain The Haunting of Julia et est une véritable horreur (image re-cadrée, plans modifiée et images détériorée). Un bon conseil, évitez de vous le procurer en espérant qu’un éditeur sérieux veuille bien nous offrir un dvd digne de ce nom…..

5.gif

PRIMEVAL

aff1.jpg

PRIMEVAL
de Michael Katleman (2006)

avec Dominic Purcell, Brooke Langton, Orlando Jones, Jürgen Prochnow, Gideon Emery, Gabriel Malema, Linda Mpondo, Lehlohonolo Makoko, Dumisani Mbebe, Eddy Bekombo

Aux confins de la jungle africaine, un énorme crocodile mangeur d’hommes menace constamment la vie des tribus locales. En apprenant son existence, une équipe de reporters américains décide d’aller filmer cette terrifiante créature, et de la capturer vivante. Mais le producteur Tim Freeman, le cameraman Steven Johnson et leur équipe n’ont aucune idée de ce à quoi ils s’attaquent…Au cœur d’un pays ravagé par la guerre civile, le saurien s’est habitué au goût de la chair humaine, et il est devenu à présent un tueur incroyablement rusé. Traqués à la fois par les hommes et par l’animal, bien déterminés à les avoir, Tim et son équipe s’engagent dans une aventure beaucoup plus dangereuse qu’ils ne le pensaient…

01.jpg

Primeval est un film concernant un crocodile tueur et s’il n’a rien d’original, on pense parfois à Anaconda voir aux Dents de la Mer, reste néanmoins très distrayant….Bénéficiant de décors naturels vraiment sublimes, dont le réalisateur sait en tirer parti, ce film est très dépaysant. De plus le contexte socio-politique concernant les affrontements entre Tutsi et Utu est assez bien amené dans le contexte du film.Les effets spéciaux concernant le crocodile sont vraiment excellents et apportent un plus indéniable à la réussite du film.
Le film entretien son petit suspens, même si on connaît presque par coeur la trame de ce genre de films, et bien que par moment un peu trop bavard, réussi à nous intéresser jusqu’au bout.

02.jpg

Le réalisateur assez inspiré, n’hésite pas à nous montrer la violence du conflit entre tribus sans se laisser aller dans le racoleur mais en nous montrant froidement l’exécution d’une famille à la machette.
Quand le crocodile ne surgit pas pour trucider des autochtones, grace aux contexte particulier de cette guerre tribale, nous empêche de vraiment nous ennuyer. Cette guerre est au cœur du film et a une interaction très forte sur le déroulement de l’intrigue (les cadavres et disparitions de civils sont mis sur le compte des attaquent du saurien ou encore nos héros pourchassés par les rebelles pour avoir osé filmer une exécution gênante !)
Seules les scènes se déroulant entre les reporters/chasseurs américains ont quelques faiblesses et ralentissent le rythme du film, instants remplis de clichés et parfois inutiles

03.jpg

Mais quand l’immense crocodile arrive, le film devient très prenant.
Très bien fait, le rendant presque crédible, chacune de se attaques est une vraie réussite et impressionne souvent.
Des attaquent sanglantes et très violentes qui imprègnent un rythme soutenu au film. De plus le prédateur, véloce et puissant, croque, déchique et broie tout ce qui passe sous ses dents (femmes et enfants y compris !).
Dès l’entame du film, le saurien est présent mais part la description qui est faite de lui, tel une légende où un mythe local.
Pourtant, à peine cette introduction fini, il happe sa première victime……tout du moins la première qui nous est montrée.
En réalité le saurien terrifie la région depuis des années……

04.jpg

Les acteurs sont assez convainquant et malgré ces fameux moments où les dialogues sonnent creux, ils restent plutôt crédibles. On notera la présence de Jürgen Prochnow dans un rôle similaire à celui de Jon Voight dans Anaconda.

05.jpg

Au final Primeval est une bonne série B, bien foutue et plutôt intelligente avec de très bons effets spéciaux.
En attendant de découvrir Rogue de Greg McLean (Wolf Creek), ce film est à voir pour passer un bon moment assez distrayant.

35.gif

Zombie 

25.gif

EVIL ALIENS

23d2c26672ee21aa71fe5dcuo0.jpg

EVIL ALIENS

2006 Angleterre 1H33

Réalisateur(s) Jake West

Avec : Mark Holloway, Chris Adamson, Mark Richard Williams, Dan Palmer, Jennifer Evans, Chris Thomas, Sam Butler, Peter O’Connor, Norman Lovett, Jamie Honeybourne, Jodie Shaw, Scott Joseph, Glenn Collier, Emily Booth, Nick Smithers

Sortie US : 06 Septembre 2006

Budget : $1,800,000

Sypnosis :

Une équipe de journaliste tourne un reportage sur une mystérieuse grossesse provoquée par les extraterrestres… Dérangés alors qu’ils transforment le troupeau en corned-beef, les visiteurs d’outre-galaxie vont prendre la mouche et massacrer tout ce petit monde.

bscap0004sx5.jpgbscap0010ge9.jpg

Voici un bon petit film anglais comme je les aime. Un mélange d’humour, d’originalité et de gore. Bref, j’adore ; Des scènes à la braindead (la fameuse moissonneuse batteuse qui fait penser à la scène de la tondeuse) ou bad taste mais en moins réussi quand même, budget oblige.

bscap0009go7.jpgbscap0006qd1.jpg

Faut pas s’attendre à des prouesses techniques non plus avec 1 800 000 $. Il n’empêche que dans l’ensemble, c’est une belle réussite malgré quelques défauts. Ses points forts : de bons effets spéciaux en général ainsi qu’un bon jeu d’acteurs.

bscap0013di1.jpgbscap0012ev5.jpg

Ses points faibles : des images de synthèse de qualité inégale et du sang numérique pour économiser sur le film. Disponible pour l’instant en dvd zone 2 mais uniquement en anglais.

bscap0011zs3.jpgbscap0016du2.jpg

Hélas, pas de français pour comprendre certains passages où les frères de la femme enceinte enlevé par les extra-terrestres parlent dans un patois anglais, bref, incompréhensible.

bscap0015pg5.jpgbscap0014up7.jpg

Quand il sortira en français (enfin je l’espère), ça sera un achat assuré pour moi. Des petits films qui valent bien mieux que de grands films venus du pays de l’oncle « Sam » (tiens comme moi ! ).

bscap0017fj7.jpgbscap0019rk8.jpg

A voir si vous aimez les films sans prise de tête et bien délirant avec des aliens battis comme des gladiateurs. Bref, il y a de tout, du sang, du sexe, de l’humour…

44.gif

Celticxoan 

35.gif

CEMETERY GATES

cemeterygates2004posterhi2.jpg

 CEMETERY GATES

Sorti en dvd le 30 mai 2006

Etats-Unis-2004-91mn
 
Budget du film : 930 000 $

Producteur : Roy Knyrim

Scénario : Pat Coburn, Brian Patrick O’Toole, J. Victor Renaud

Avec : Reggie Bannister, Peter Stickles, Aime Wolf, Nicole DuPort, Kristin Novak, Ky Evans, John Thomas, Chris Finch, Karol Garrison, Bill Lloyd, Greg McDonald, Stephen Van Dorn, Howard Berger, Gregory Nicotero, Aristide Sumatra.

SYPNOSIS :

Deux militants écologistes font évader un diable de Tasmanie géant qui trouve refuge près d’un cimetière où des ados tournent un film de zombies.

bscap0001ml2.jpgbscap0011ei2.jpg

 Réalisé par un des créateurs de dog soldiers Roy Knyrim, ce film est malgré un petit budget, (moins de 1 000 000 de dollars) un ovni par rapport aux films d’horreurs de ces dernières années.

bscap0012aw8.jpgbscap0000gy8.jpg

 Pourquoi, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’images de synthèse. Le monstre qui est une sorte de diable de tasmanie génétiquement modifié est en latex et franchement, ça se voit. Il n’est pas très réaliste mais on s’en fout et si vous comptez voir ce film pour vous faire trembler, laisser tomber.

bscap0002pa8.jpgbscap0004hw8.jpg

 En revanche, si vous voulez vous taper un film gore à souhait où le sang coule à flot et où la décapitation a lieu en bon et du forme, des corps mutilés par des griffes acérées et des membres humains qui volent dans les airs… Alors, vous pouvez vous laisser tenter.

bscap0003vc7.jpgbscap0010jx1.jpg

 Il n’y a qu’à lire ce qu’il y a d’écrit sur la pierre tombale en haut sur le deuxième poster « rest in pieces » au lieu de « rest in peace », ça veut tout dire.

bscap0009qa0.jpgbscap0007il8.jpg

 Bref, un peu de sexe, mais pas beaucoup, et surtout beaucoup de sang. Passons au mauvais côtés car hélas, il y en a. Tout d’abord, ça sent le film amateurisme, donc limité en effets spéciaux malgré quelques bonne scènes.

bscap0006an4.jpgbscap0014ye4.jpg

 Ensuite, la bête, à se demander s’ils l’ont fait exprès pour la faire si moche. D’ailleurs, elle lacère plus qu’elle ne dévore. Enfin, pas de version française. Le dvd est uniquement disponible en zone 1 et en anglais. Exit aussi les sous-titres dans cette édition, pas même en anglais. Et quand à savoir s’il y aura une version française, j’en doute fort mais sait on jamais.

bscap0000kv4.jpgbscap0005dl2.jpg

 Bref, à voir si vous voulez regarder un film sans se prendre la tête et que vous maitriser un peu la langue anglaise, c’est quand même mieux.

451.gif

THE COTTAGE

cottage2008boxz27hires.jpg

THE COTTAGE

Titre français : Bienvenue au cottage
Titre original : The Cottage

2007 – G.-B. – Comédie/Horreur

Réalisation : Paul Andrew Williams

Avec : Andy Serkis , Jennifer Ellison (Tracey), Doug Bradley (Le vieil homme), Reece Shearsmith (Peter), Georgia Groome (Les filles du fermier)

Sortie France: 09 Juillet 2008

Sypnosis :

Peter et David, deux frères diamétralement opposés, organisent le kidnapping de la fille du boss de David, Tracey. Mauvaise idée pour eux, puisque ladite proie se révèle être une insupportable tigresse, qui profite rapidement de la lâcheté de Peter, et de l’idiotie du troisième complice, Andrew, son beau-frère. Retranchés dans un cottage isolé, ils doivent la poursuivre lorsqu’elle finit par s’évader, et atterrissent dans une ferme voisine, qui cache un terrible secret…

pdvd005.bmppdvd003.bmp

Produit en Grande Bretagne, The cottage surfe sur la vague des films mêlant avec talent horreur et comédie.

pdvd015.bmppdvd037.bmp

Dans la lignée de Severance, pour son côté humouristique accompagné de quelques scènes bien sanglantes, The cottage est toutefois une oeuvre originale brillament orchestré par le réalisateur Paul Andrew Williams jusqu’alors inconnu dans le monde du cinéma.

pdvd029.bmppdvd025.bmp

Pour un premier long métrage, il fait preuve d’un réel savoir faire, dirigant les comédiens comme il faut en nous offrant un spectacle réjouissant.

pdvd045.bmppdvd042.bmp

Avec The cottage, il nous démontre qu’il possède un certain potentiel artistique et une inspiration des plus fertile. Gageons que ces futures productions seront aussi réussies. Sa carrière est à suivre de près.

pdvd060.bmppdvd051.bmp

Pour en revenir au film, ce dernier se décompose principalement en deux parties. La première nous conte les mésaventures d’un trio devenu kidnappeur le temps d’une journée bien maladroit malgré eux, le tout imprégné d’un humour léger mais fort bienvenue.

pdvd066.bmppdvd061.bmp

La seconde partie se veut plus axé sur l’horreur mettant en scène un paysan psychopathe au visage plus que difforme. Les protagonistes du rapt vont en faire les frais.

pdvd073.bmppdvd068.bmp

Le personnage qui joue le tueur ne parle pas mais sait manier les pelles et autres objets tranchants. Il collectionne les têtes de ses victimes et se sert du reste du corps comme garde manger.

pdvd082.bmppdvd080.bmp

Il y a un passage où il arrache la colonne vertébrale avec la tête d’un gars et la brandit en l’air à la manière d’un trophée qui m’a fait penser à Predator. Voir photo…
pdvd094.bmppdvd090.bmp

Au niveau du casting, les acteurs sont pour la plupart peu connus du grand public si ce n’est Andy Serkis qui avait prêté les traits de son visage pour le fameux Gollum de la trilogie du seigneur des anneaux.

pdvd096.bmppdvd099.bmp

The cottage sortira au cinéma le 9 Juillet 2008 mais il est déjà sorti en dvd à l’étranger avec une piste française. C’est d’ailleurs sur ce support que j’ai pu le visionner.

pdvd101.bmppdvd106.bmp

A défaut de devenir culte, il se révèle être un très bon divertissement pour les amateurs de films d’horreurs teintés d’humour.

42.gif

Celticxoan

42.gif

DOOMSDAY

 

affredimensionner.jpg

DOOMSDAY
de Neil Marshall (2008)
avec Rhona Mitra, Bill Nelson, Bob Hoskins, Adrian Lester, Alexander Siddig, David O’Hara, Malcolm McDowell, Craig Conway, Emma Cleasby, Jeremy Crutchley, Christine Tomlinson


Un terrible virus annihile 90 % des habitants en Ecosse. Pour endiguer l’épidémie, le gouvernement anglais construit un mur infranchissable.
L’Écosse est désormais un no man’s land barbare et violent où les survivants sont coupés du monde.
Lorsque 30 ans plus tard, le même virus réapparaît au cœur de Londres, un commando de choc part en mission suicide rechercher un éventuel vaccin dans une Écosse contrôlée par des gangs rivaux…

6redimensionner.jpg

Doomsday rend hommage à des œuvres majeures du cinéma d’anticipation des années 80, principalement New York 1997 de John Carpenter et Mad Max 2 de George Miller, en offrant quelques clins d’œil aux Guerriers de la Nuit et tout un pan des films italiens post New-York 1997.
Bien entendu cette histoire de contamination en Ecosse et en Angleterre nous fait penser aux 28 Jours/Semaines plus tard (d’ailleur la musique de ces deux films est bien présente ici), mais Neil Marshall nous offre avant tout un vrai film de séries B (à réserver aux vrais passionnés du cinéma de genre US et italien de cette page d’histoire cinématographique que sont les années 80) violent, nerveux, sanglant, drôle et loin de toute bonne morale tant son film se complaît dans la surenchère et parfois le mauvais goût inutile (le cannibalisme entre autre), mais tellement jouissif, surtout sur grand écran !

4redimensionner.jpg

En mixant intelligemment les scénarios de 28 semaines plus tard et de New York 1997, Neil Marshall réalise un vrai film patchwork mais grâce à un budget correct et un vrai talent de réalisateur, son film ne tombe jamais dans le plagiat, la parodie ou le nanar. Menant son histoire avec un rythme effréné (du coup le scénario s’évanouit presque pour laisser place à une accumulation de scènes violentes et parfois très sanglantes sans réelle justification) le réalisateur n’hésite pas un seul instant à nous envoyer non pas de simple clins d’oeil mais des plans entiers des films précités (ainsi quand le V.A.B. militaire entre dans la zone contaminée en vision nocturne, on se croirait presque dans le planeur de Snake Plissken ou encore lors de la poursuite finale, quand derrière le véhicule de l’héroïne surgit la voiture de flic et qu’elle la vois dans rétroviseur on est en plein Mad Max 1 !) mais s’intégrant parfaitement à l’intrigue de ce Doomsday.

2redimensionner.jpg

L’enchaînement des scènes d’actions procurent un réel plaisir de cinéfile, tant elles sont bien amenées et font donc références aux films cultes de toute une génération. Seul petit bémol, Neil Marshall lors de certains combats rapproché ne maîtrise pas vraiment l’action et nous gratifie de trop de plans rapprochés réduisant considérablement l’impact de la scène (le combat entre l’héroïne et la punk ou la bagarre dans une voiture lors de la scène de poursuite !).

5redimensionner.jpg

Les décors sont évidement fortement inspirés par le New York 1997 de J.Carpenter (voir son Los Angeles 2013), des murs de l’enceinte aux ruelles sombres et dépeuplées en passant par les hordes qui traquent nos héros. Les costumes et le look des personnages semblent directement sortis de Mad Max 2 voir même Class 1984 et comment ne pas penser aux Guerriers de la Nuit quand une bande prêt à en découdre déboule dans une ruelle mal éclairée s’alignant d’un trottoir à l’autre. Référence encore et toujours avec les personnages principaux. L’héroïne est tout simplement la version féminine de Snake Plissken (borgne, attitude et poses à la Snake, caractère bien trempé assorti de petites répliques assassines) et le plus étonnant est que Rhona Mitra réussi à tenir son rôle dans jamais être ridicule. Un véritable exploit !
Par contre le bad guy interprété par Craig Conway et fortement inspiré de celui de Wez (le chien de guerre punk du seigneur Humungus) dans Mad Max 2, malgré une certaine folie, n’atteint jamais celui de son modèle. Ce qui est un peu regrettable…..

3redimensionner.jpg

Passons aux quelques points négatifs du film selon moi, et il y en a. Hormis certaines scènes de combats rapprochées mal filmées, on peut regretter le passage « médiéval » du métrage, trop court pour pouvoir vraiment apporter quelque chose à l’intrigue et pour apporter un peu de profondeur aux personnages, surtout Malcolm McDowell qui à la limite cachetone ici plus que autre chose. On notera aussi que les rôles secondaires n’apportent pas grand chose, simple faire valoir pour la plupart (seul Bob Hoskins et David O’Hara réussissent à ressortir du lot) mais la grossière erreur de Neil Marshall est de faire disparaître son personnage de femme-punk bien trop tôt car elle paraissait bien plus intéressante que le méchant de service.

Pour le reste que du bonheur. Références après références, jusque dans la musique où l’on retrouve des passage de la composition de Carpenter pour son N.Y 1997 ou encore le morceau de 28 Jours plus tard, un pur produit destiné aux geeks de cette période où n’importe quel film à petit budget transalpin lorgnait du côté des Mad Max et autre N.Y 1997, et malgré leurs énormes défauts, réussissaient à nous arracher un sourire bienveillant voir parfois quelques fou rires !
Mais avec le talent de Neil Marshall, Doomsday est une énorme série B, décomplexée et qui enfonce toutes les portes sans trop se soucier de la linéarité de son scénario où de la crédibilité de ces scènes (par exemple la voiture coupant en deux un bus comme la caravane dans Mad Max 1 est franchement peu crédible mais tellement jouissive !).

1redimensionner.jpg

Au final, Doomsday ne pourra que plaire aux fans de Snake Plissken, de Mad Max et ces films aujourd’hui invisibles sur grand écran où le ton et la folie l’emportait sur tout le reste ! Ceux qui espèrent découvrir un nouveau chef d’œuvre de l’anticipation, ce film n’est pas pour vous et risque de beaucoup vous énerver.
Doomsday est un film réalisé par un fan fou amoureux d’une certaine époque du cinéma, révolue aujourd’hui, pour d’autres fans qui n’espéraient plus un jour pouvoir découvrir ce genre de spectacle sur grand écran. Je ne dirais qu’une seule chose pour finir : Merci monsieur Neil Marshall…..

4.gif

Zombie

3.gif

[REC]

affrecredimensionner.jpg

[REC]

de Jaume Balaguero et Paco Plaza (2007)

avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge Yamam, Carlos Lasarte, Pablo Rosso, David Vert, Vicente Gil, Martha Carbonell, Carlos Vicente

Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son cameraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit.
Ce soir, elle est dans une caserne de pompiers. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu’au coup de fil d’une vieille dame qui réclame du secours. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D’horribles cris ont été entendus dans l’appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, son reportage devrait enfin sortir de la routine… Elle n’imagine pas à quel point !

rec5354redimensionnerredimensionner.jpg

Mettons tout de suite les choses au point : [REC] est bien le film de terreur tant attendu et oui ce film dépasse largement les meilleures productions du genre filmées « caméra style amateur ». Digne successeur de Cannibal Holocaust et surtout Le Projet Blair Witch, [REC] pousse très loin le concept de vidéo-réalité et nous offre une véritable descente aux enfers, ne nous offrant que de rares moments de répits, nous plongeant au cœur d’une nuit de terreur et nous achevant par un final incroyablement intense et parfaitement maîtrisé !

rec5redimensionnerredimensionner.jpg

Ici nous suivons donc une équipe de deux journalistes, une présentatrice et son cameramen, intervenant dans un immeuble aux côtés d’une équipe de pompier pour ce qui ressemble à un malaise d’une dame âgée dont les hurlements ont effrayé les voisins. Ce qui bien sur se révélera n’être en fait que le point de départ d’évènements bien plus graves et plus terrifiants.
Du fait des risques et afin de contenir le danger dans l’immeuble, les autorités décident de condamner les sorties du bâtiment, abandonnant presque complètement les reclus à affronter seuls les monstres hargneux et sanguinaires.
Un véritable huis-clos où chaque zone d’ombre peut-révéler la présence d’un de ces monstres ou plus simplement un simple mouvement de caméra peut se révéler fatal !

rec3redimensionnerredimensionner.jpg

Le film des deux réalisateurs ibériques (très proche de ce que fait Balaguero et principalement son A Louer !) est une réussite totale, transformant ce qui aurait pu être de gros défauts en d’énormes qualités, atteignant des sommets dans la tension et le stress permanent !

4redimensionnerredimensionner.jpg

Les évènement se déroulant dans le film nous sont dévoilés exclusivement par le biais de la caméra du journaliste et jamais par quelconque autre moyen. Ainsi notre seul champ de vision pendant toute la durée du film est celle de l’objectif de cette caméra et peu importe les circonstances ou les états d’âmes du cameramen.
Par ce procédé, les deux réalisateurs délimitent l’environnement qui nous est visible, réduisant nos possibilités de découvrir ce qu’il se passe et surtout nous rendant totalement dépendant des réactions du journaliste. Ainsi quand ce dernier est pris de panique et qu’il fuit l’image est prise de soubresauts très inconfortables et souvent l’image se trouble. Ce qui là aurait pu être un défaut se transforme en une qualité insoupçonnée : ainsi quand il s’arrête pour régler son image et que le flou disparait, tout comme lui on ne sait pas ce qui va apparaître face à lui (et donc face à nous).
Même dans les moments de panique où la caméra se coupe complètement (plus de son et image noire !), quand la caméra redémarre, sans que l’on sache si une minute ou une heure se sont écoulées, tout peut arriver et très souvent nous déstabilise car nous nous retrouvons en terrain totalement inconnu.

recstill02redimensionnerredimensionner.jpg

En supprimant nos repères de lieu, de temps et d’environnement sonore et visuel, nous sommes en permanence mis dans une position plus que inconfortable, subissant chaque attaque et craignant le moindre mouvement de la caméra, et quand celle-ci fixe ou effectue un zoom, brouillant notre évaluation sur la distance, le malaise en est encore un peu plus renforcé….

rec8redimensionnerredimensionner.jpg

L’autre point fort du film vient également de l’utilisation de l’environnement sonore. Ainsi quand l’image se trouble ou tellement agitée que l’on ne peut que très difficilement se repérer, le son reste notre seul témoin fiable des évènements qui se déroulent où tout du moins que nous imaginons se dérouler. Car si Balaguero et son acolytes ont parfaitement compris est que dans le cinéma de genre, le plus terrifiant n’est pas ce que l’on voit, mais bien ce que l’on ne voit pas mais que l’on s’imagine.
Ainsi dans la fuite, quand l’image ne nous offre aucune sécurité, la respiration haletante du cameramen, les cris dans le bâtiment (semblant se rapprocher ou s’éloigner), le bruit des pas dans l’escalier sont les seuls éléments disponibles nous permettant d’essayer de comprendre ce qui se passe réellement. Et ce procédé est d’une efficacité redoutable….

rec2redimensionnerredimensionner.jpg

D’ailleurs les éléments extérieurs agissent également sur notre perception des scènes. Quand nos protagonistes se retrouvent dans l’escalier et que des bruits se font entendre, semblant se rapprocher, que le cameramen essaye de trouver ce qu’il se cache un peu plus haut sur un palier à l’aide du zoom et que à ce moment précis la minuterie de la lumière de l’escalier vient à se terminer, l’effet est implacable. Tout n’est alors que obscurité et chaos, où les cris, les pas, les respirations se mêlent dans un capharnaüm absolument terrifiant, jusqu’à ce que la lumière revienne, mais sans sans pour autant nous garantir la certitude que le danger s’est éloigné…..

rec6redimensionnerredimensionner.jpg

La scène finale est un joyau de tension, de terreur et de folie pure !
Dans un décors terriblement morbide, les réalisateurs nous dévoilent certaines vérités sur les raisons des évènements que les personnages viennent de traverser, augmentant encore un peu plus leur peur et les plongeant dans une panique contagieuse où la chaque mouvement de la caméra nous amène sont lot d’émotion intensément effrayante, où le moindre recoin semble dissimuler une chose horrible et terriblement mortelle.
Ici seule la lampe torche de la caméra les guide à travers les pièces où le silence ambiant semble être encore plus menaçant que les cris lointains des monstres qu’ils perçoivent. Et si la lampe torche s’éteignait et qu’ils n’étaient pas seuls dans cet endroit inquiétant ? Cette simple idée décuple la tension provoquant du coup notre stresse tant, comme les protagonistes, nous sommes totalement dépendant de ce rayon de lumière artificiel….

rec1119583394493redimensionner.jpg

En nous offrant un environnement parfaitement crédible jusque dans ces moindres détails, une narration très simple mais révélant une maîtrise totale de la part des réalisateurs sur chaque plan proposé, des acteurs totalement en phase avec le sujet et réagissant de façon logique, des scènes d’attaques sanglantes et souvent très intenses, dans une ambiance glauque où l’hystérie et le stresse se partagent le devant de la scène et en nous plongeant dans une montée en puissance d’adrénaline jouissive et pourtant nous mettant en situation très inconfortable, [REC] est une réussite incroyable, qui risque de marquer les esprits et de devenir une vraie référence dans le cinéma de terreur….

4.gif

Zombie 

43.gif

L’ORPHELINAT

aff.jpg

L’ORPHELINAT
(El Orfanato)

de Juan Antonio Bayona (2007)

avec Belen Rueda, Fernando Cayo, Géraldine Chaplin, Montserrat Carulla, Mabel Rivera, Andrés Gertrudix, Roger Príncep, Alejandro Campos, Georgina Avellaneda, Oscar Guillermo Garretón, Carla Gordillo Alicia, Edgar Vivar, Oscar Casas, Mireia Renau.

orphelinat20088redimensionnerredimensionner.jpg

Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d’autres enfants qu’elle aimait comme ses frères et soeurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l’intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l’imagination de Simon, qui commence à se livrer à d’étranges jeux avec « ses amis »… Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l’univers de Simon, convaincue qu’un mystère longtemps refoulé est tapi dans l’orphelinat…

orphelinat20086redimensionnerredimensionner.jpg

L’Orphelinat est avant tout un film classique qui fait énormément référence à tout un pan de l’histoire fantastique avec maison hantée et style gothique. On ne peut s’empêcher de penser à des films comme La Résidence ou encore Next of Kind tant l’esthétisme du film en est assez proche. Mais pourtant L’Orphelinat n’est pas une traditionnelle histoire de fantôme vengeur car ici ses fantômes ne viennent pas provoquer la terreur (malgré la présence de quelques scènes assez stressante) mais cherchent plutôt à retrouver une forme de plénitude et d’amour perdu avec le temps. Bien loin des clichés, le film est un doux mélange entre conte et nostalgie, où l’amour prend une place importante et justifie certains actes, un film dont le cœur et l’âme sont l’enfance et le deuil.

19redimensionner.jpg

Juan Antonio Bayona, dont c’est ici le premier, film connaît parfaitement ses classiques et un peu à l’image de ce qu’avait réussi Amenabar avec son magnifique Les Autres, rend un hommage vibrant au cinéma d’épouvante des années 70/80. Il parvient un créer une véritable ambiance où dans l’immense demeure semblent vivre certains esprits dont l’identité n’est connu que par le fils adoptif de l’héroïne.

10redimensionner.jpg

Un film parfaitement maîtrisé, possédant une magnifique photographie rendant chaque lieu inquiétant, accentuant la splendeur de cette bâtisse et les magnifiques décors extérieurs qui l’entoure.
Ici le réalisateur ne sombre presque jamais dans la facilité (bien que l’on a droit à certains poncifs du genre comme les grincements de parquets, les portes qui claques ou l’orage qui gronde au loin) et nous offre une histoire tout en retenue et en finesse comme pour mieux préserver l’atmosphère étrange et inquiétant que diffuse la maison sur ses occupants.

09redimensionner.jpg

Mais L’Orphelinat est avant tout l’histoire d’une mère et de son amour pour son fils, dont le passé revient hanter son esprit quand la nuit arrive. Un passé dont le lien avec le présent est la maison et ses occupants n’ayant toujours pas quitter les lieux malgré leur mort. Ces occupants, tous des enfants, qui communiques avec le garçon présent par le biais de jeu semblant anodin au premier abord mais qui en réalité sont de véritables pièges tant physiques que psychologiques.
Ces enfants que la maladie et la mort ont emporté dans de terribles souffrances et qui par la présence du nouvel occupant, très semblable à eux sur des bien des points, leur offrir un dernier espoir inespéré et qui pourrait enfin combler leur cœur vide et affamé d’un amour que leur état d’orphelin n’a jamais pu leur procurer.

11redimensionner.jpg

Sans trop révéler de l’intrigue, simple au premier regard, mais bien plus complexe et cruelle au final, le film se compose de deux parties, deux tableaux serais-je tenté de dire, où l’amour maternel est l’élément central, mais un amour absolu, par de là la mort et la frayeur où chaque émotion, chaque sensation prend une aura particulière quand arrive la dernière scène, d’une fulgurante beauté et d’une tendresse morbide rarement montrée sur grand écran.

16redimensionner.jpg

Cette mère qui sous le poids de son passé et celui des craintes futures, sombrera définitivement sous l’âme noire de cet Orphelinat dont les entrailles lui révéleront une atrocité qu’elle ne pourra jamais accepter et qui l’entraînera très loin mais pour lui offrir ce qu’elle désire le plus.
La mort et l’amour enlacés comme dans une valse morbide et sensuelle sont présents dans chaque plan que nous offre le réalisateur et qui par la présence de ces enfants particuliers (le petit Thomas dont l’aspect physique contraste avec sont étonnante douceur) donne une profondeur et une préciosité au métrage.

06redimensionner.jpg

Les acteurs sont tout simplement excellent et tout particulièrement Belen Rueda, dont le rôle de mère fragile et déstabilisée par le passé refusant de mourir et de son présent particulièrement cruel, apporte une crédibilité et une émotion incroyable à l’histoire. La relation particulière qu’elle entretient avec son fils Simon, rôle terriblement touchant et juste dans sa composition, est la clé qui ouvrent les portent de ce sombre Orphelinat.

07redimensionner.jpg

Les décors sont d’un classicisme absolument flamboyant, magnifié par une photographie somptueuse et dont chaque recoin semble dissimulé un danger, une présence dangereuse et terrifiante.
Car même si L’Orphelinat est un film sur l’amour d’une mère pour son fils, il reste un film de fantôme, certes différent, mais réellement efficace,non pas sur des scènes chocs, mais par l’ambiance stressante qu’il entretient et la pression constante qui s’intensifie au fil du film pour mieux nous achever dans sa dernière partie particulièrement intense et cruelle.

18redimensionner.jpg

Au final cet Orphelinat est une bien belle réussite, qui malgré quelques défauts, réussi à s’imposer comme une œuvre très classique sur la forme mais dont le fond apporte une réelle différence et lui donne une aura particulière qui en fera un film référencé dans les années à venir.

01redimensionner.jpg

Une œuvre forte qui mérite amplement les nombreuse récompenses obtenues dans de nombreux festivals et qui prouve qu’avec du talent et un bon scénario, le cinéma fantastique a encore un bel avenir devant lui, même en appliquant de vieilles recettes qui autrefois offraient de véritables frissons que le temps n’a pas encore effacé.
Laissez-vous tenter en franchissant le seuil de ce sombre Orphelinat et n’ayez pas peur car finalement il n’y a que l’amour qui compte…

436ce3e.gif

 Zombie

436ce3e.gif


1234


CINOP' 6 |
balade en terre du mileu |
coconutsland |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | kelhorreur
| sslstreaming
| celine fait son cinema